Tout est parfait !
Un petit courant d’air échappé d’un nuage passe la porte
et se glisse impudique dans mon lit,
la chatte qui se prend encore pour une diva,
a couché tous ses soupirs sur mon oreiller !
Je m’étire aux accords définitivement faux du piano voisin,
tout est parfait ;
oui tout est parfait.

la nuit a déposé quelques bulles de lait,
La glycine me fait comprendre
que la saison de l’amour est passée,
mais tout est parfait,
oui tout est parfait.

il ne reste que les pivoines seules dans leur vase de cristal
à s’épanouir en bouquet sensuel,
parodie de la vie…
La moquette pourpre est jonchée de photos,
je danse à moitié nue un tango solitaire,
mais tout est parfait,
oui tout est parfait.

je ne sais plus, je ne veux pas savoir
qui s’est absenté, seule indice
des tonnes de glaçons pour whisky !
tout est parfait ;
oui tout est parfait.

Tout est parfait,
Le soleil se lèvera demain,
MOI je ne sais plus vivre à l’imparfait.
Que Dieu le veuille ou non,
Je me volatilise de cet endroit où tout est parfait !!
Comme le capitaine Daniel et Lucia Muir,
emporte-moi dans la nuit éternelle.
Là , ou Tout est parfait,
MOI je ne sais plus vivre à l’imparfait.
plus vivre à l’imparfait.

lise dest

 

Ce soir gantée de gris

Ce soir ganté de gris.

Ce soir ganté de gris, je sors du corridor
Ce soir c’est moi qui matte et mord,
la nuit compagne : do-cil -a -sol ré do
me fourni en hope ! en rage je suis leur impudeur
je n’y peux rien il coule dans mes veines
un feu de reine, acide et fatal que je propage

Ce soir protégée, de noir, lui je l’espère, eux ils attendent
ils me confondent mais peu importe la chanson,
puisque la nuit tous les chats sont gris,toutes les promesses
seront ivres elles oh si ! de bulles alcoolisées,
dans la dérive d’une alcôve, rouge profond
comme le canyon de ma gorge consentante

Nuit noire, je sors, griffes parfumées patchouli et «queen» d’hier!
je n’ai peur de rien, le vide m’appartient, il est mien,
il est mie et pain qui me nourrit, poudre levée à l’infini
Je leur offre cadeau du diable mes bas de soie
qui sombrent le long de leurs espoirs veules et lourds
Comme ils s’empressent, et tressent des nattes d’anges multicolores sous l’alcôve, myriades d’esquisses, aquarelles terres de Siennes teintée de ciguë et de corps nus
Décor apocalyptique, tourne mon âme !, tourne et vibre
comme débordent leurs illusions. Tu es bien loin des bas fonds

Ce soir je garde au corps, un home de princesse
qui ne doit rien à leurs caresses, tant que mon cœur
ne sent rien je vais et viens.
L’homme qui a bandé son arc vers mon arme battante est mort. Ni ma colère ni ma rage n’y pourront rien changer,
alors je donne, je m’offre pour en finir.
Petits «miaou» de nuit, mistigris et gouttières réunis, raccompagnez votre reine au sang glacé, vers son nid

Demain, de noir elle ira s’étendre, gantée et teintée de koll
Jusqu’au bord des larmes, baissera les armes pour la seule et
Unique fois, ne jouera pas, demandera pitié un bas de soie sombre à la main, au premier qui voudra bien la serrer.
Avant de peut être par charité:
l’embrasser.

 

© 2009-2010 Lise Dest All Rights Reserved -- Copyright notice by Blog Copyright