Texte écrit par un ami écrivain

Ce texte a été écrit par Arnaud LeGuern, merci a lui pour ce cadeau.

84, RUE MESRINE
« Il n’y a pas d’évènements vrais. Le vrai, c’est ce qui relève de l’art. » Fassbinder
Jamais fatigué de me balader sur les toits, de lorgner les gouttières, en aristochat des hautes asphaltes humides, j’ai attéri sur un balcon rue de la Fontaine-aux-clercs, à Paris au milieu des décombres de malfrats, dans un arrondissement de gris, de béton, et de trouées cristallines entre deux bourrasques ventrues.
A ce comptoir du froid, je suis chez moi.

C’est l’île d’une L… de Beauté, blonde Mélusine aujourd’hui penchée sur le berceau de mes éclats d’âme choqués au vent dans son manteau de neige. Tous mes néons parent ce territoire claudiquant qui me renvoie échos, images, silhouette, carrure et œil complice du Roi immortel de la Cour des bandits miraculeux : Mesrine Jacques. Le nom râle, tambourine, plante ses crocs jamais limés dans l’échine du temps qui ne passe pas, prend toute la place que je laisse. Mesrine balaie l’air des lieux et cisaille l’air du temps, le flambe comme un vulgaire scribouilleux quêtard de scoops. Pour l’air du temps, comme pour d’autres : une balle dans l’épaule, une dans la mâchoire, une dernière dans le bras et la bougie, caresse finale, qui aveugle. Mesrine pas mort évidemment, fantôme bruyant qui hurle aux loups éveillés ses tirades poétiques : « Debout les morts de faim ! », « Croquez, chers croquants, les chairs dépecées ! », « Faites de vos cavales, cavalcades et cavalières, des palaces, des suites luxueuses pour voyous des messes du temps présent. »

Arpenteur des contrées polémiques de Basse-France et peau épiques des caracos soyeux, je suis à la lettre, au pied beauté de ses tchin-tchin de fanfaron, l’instinct de mort magicien du grand Jacques, artiste du braquage, Arsène Lupin de l’évasion, Cyrano des années 70. Je me repasse la bande archi-connue, je dégage les commentaires à képi de Broussard, et raconte l’histoire de Mesrine. Son corps fascinant dans sa caisse, une BMW, son corps troué, explosé de balles et exposé aux corbacs, clic-clac kodak, sous les flash à grenades, un Che des grands boulevards urbains. Son épitaphe, pour ceux qui croient au grand Ciao, je la pique à Edmond Rostand :

« Philosophe, physicien, Rimeur, bretteur, musicien et voyageur aérien,
Grand riposteur du tac au tac Amant aussi – pas pour son bien !-
Ci-gît Jacques Mesrine Qui fut tout, et qui ne fut rien. »

Il fut tout, il ne fut rien, Jacques, comme tous les petits princes pervers au cœur battant, adoubés par des lucioles trinquant à la fragilité de la mélancolie. Les princes, de Bergerac, de Kerangoff, de Pinarellu ou de La Fontaine-aux-clerc, vous savez « ceux-là qui pour amante n’ont que du rêve soufflé dans la bulle d’un nom ». Les princes qui, sur le boulevard del sol, disent bye bye à grande vitesse au Faron, aux monts pelés et crâmés comme une carcasse fassbinderienne sur un siège avant de BMW. Les princes qui font tourner les tables, connaissent les fins mots des affamés et débarquent au port des fines attaches, la bouche pleine de poésie.
Dites-moi, vous, j’arrive, je m’installe, Jacques est-il là ? J’attends ta réponse, bella, elle ne tarde pas, tinte, aussi légère qu’une lame :

_ « Ciel d’un joli gris laissant passer quelques lacrima christi et le souffle fort de Mesrine qui attend au parloir libre de mon balcon une bastos fumée de voyou… »
Au 84 de sa rue, Jacques arrose, enfile tous ses déguisements, poursuis son histoire, avec pour bande-son, les doigts de Sergueï sur le clavier.
Champagne !
A.L/2001

 

Trouble maker

Savez vous ce que cache
Mon shaker ?
Shaker de trouble-maker !
Qui s’agite en rythme
dans mon p’tit cœur

y’a pas que des horreurs !

Des lits et des dormeurs
P’tits crabes et mille pattes
Des rêves et des mouettes
Aux battements de mon bookmaker
Savez vous ce que cache
Mon shaker ?
Shaker de trouble-maker !
Qui s’agite en rythme
dans mon p’tit cœur

y’a pas que des horreurs !

Je me surpasse et vous dépasse
Vos assauts de bad-players
J’me les mets a dos
Et tant pis pour la casse
Il me reste toujours mon shaker
Shaker de trouble-maker !
De globe-trotter
Les deux pieds dans la dune
J’ouvre mon shaker

Bye bye les horreurs !

Trouble –maker ou, globe- trotter
Mon book maker,
Se fout de ton coeur
au rythme de vos erreurs.
Savez vous ce que cache
Mon shaker ?
Shaker de trouble-maker !
Qui s’agite en rythme
dans mon p’tit cœur… ?

lise dest/1/4/07

 

Une journée de plus…

Tes rêves… ?
C’est cauchemars et mensonges !

Tes songes ? bien trop tard

T’en as marre……

Anges, harpies ou démons

Les numéros se mélangent

T’arrives à 13, T’es marron !

Y’a pas de saisons pour l’évasion

Le rêve sous la soie

C’est prison dans tes draps

Serre les poings…..

Les signes du destin ? demain

Du présent de la vie

Tu connais les accents

Les conséquences

C’est juste une journée de plus !

Tes rêves… ?

C’est cauchemars et mensonges !

Tes songes ? bien trop tard

T’en as marre……

Desserre les poings…

C’est juste une journée de plus !

lise dest dec.2006

 

Vous

VOUS
ma source sans sulfure
Mon attache singulière
Ma lumière et parfois mon ciel

Sage et sans fard
Cet amour parallèle
Qui s’enchaîne au soir
J’y pose mon cœur
Vous respirer encore

VOUS
Dame en habitudes données
Secret profond bien gardé
À mes silences jamais calmés

Au jardin de vos lendemains
Entre sable et roses trémières
Veillez à mes lumières

Sage et sans fard
Cet d’amour parallèle
Qui s’enchaîne au soir
J’y pose mon cœur
Vous respirer encore

VOUS
Dans le chaos des capitales
Tinte le diapason
D’un soleil d’automne

Mon jeu et mon miroir
En maître des mots, je me damne
Pour poser mes aubes a votre cou
Ma Dame

Sage et sans fard
Cet amour parallèle
Qui s’enchaîne au soir
J’y pose mon cœur
Vous respirer encore

 

Le plus dur a dire

S’il savait que le plus dur à dire
ce n’est pas qu’on perd ses souvenirs d’or
NON !
le plus dur à dire c’est encore
« NON »

Si je pouvais lui dire :
Mes fleurs comme un empire
Dans mes mains se défont
Si je pouvais lui dire
Que ce sont mes mains qui lui disent NON
Dans tous mes prés-en-bulles
Sur toutes mes couronnes
Y a des mots qui se veulent consonnes
Et d’autres trop lourds de libellules

S’il savait que le plus dur à dire
ce n’est pas qu’on perd ses souvenirs d’or
NON !
le plus dur à dire c’est encore
« NON »

Lise DEST 2006

 

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