La nuit

Lorsque la nuit doucement
se pose il reste d’hier
encore quelquechose
Un parfum de roses
Un souffle qui fait palpiter
Charmes et peupliers

Son langage appartient a la terre
Comme les ailes de l’oiseau à la mer

Lorsque la nuit doucement se pose
Elle laisse là au sommeil de novembre
Un ciel qui ne m’aura pas beaucoup
Aimé

Un homme pleure
Dans cette nuit écartelée
Un homme nu comme l’ombre
Que cherche t-il à l’heure
Des amants et des chimères
Une île, une colombe
Dans ses rêves déchirés
Un homme pleure et je l’entend

Lorsque la nuit doucement
se pose il reste d’hier
encore quelquechose
Un parfum de roses
Un souffle qui fait palpiter
Charmes et peupliers

Et se posent en silence
Larmes et souffle d’errance
Aux derniers parfums
Des roses espérance
L’espoir est vain
Puisque le nom même
De la rose le dit

Dans ses rêves déchirés
Un homme pleure et je l’entend

Lise Dest/nov 2009

 


Selon le quotidien Libération,
la situation est extremement alarmante dans notre pays …

 

Lise Dest / 25 nov 2009

 

Rainer Maria Rilke

« J’implore tous ceux qui m’aiment d’aimer ma solitude »

 

Faites un voeux…Je vous veux !

Il faisait déjà novembre
Le soir, ou le grenat a parlé
Faites un vœux… Je vous veux !

Au « Bar Lilas »
Entre mon avenir et son passé
Sous le regard d’Hemingway
Le bruit du bar en écho
Cachait notre premier duo

Un portillon de bois, un manteau rouge, un paquet de Rothman bleues
Des clés à remettre…Brouhaha de mots que je ne comprends pas

Le monde à nos mains
La nuit pour demain
Je nais entre deux verres
Entre Paris et Alger
Entre deux mots, deux convictions
C’est le vertige des rires complices
Délicieux tangage
Tout bouge autour
Immobiles au dedans
Immobilité que s’autorisent les amants
Les lèvres en rêves se touchent
En poésie au dessus du débat

Si la vie
Si le jour
Des « si » à demi-mots
Des « si » à demi-morts
J’irai te retrouver
Pour ne pas être impoli avec la vie
Je cesserai de haïr la nuit
Sans préférer le jour

Si tu l’aperçois dans les rues d’Alger, le pas tranquille, le regard léger
Dis lui mon amie, dis lui, que je l’attends, que je l’espère à toutes les lumières.
Dis lui aussi et surtout que j’ai cessé de le guetter dans les rues de St Germain,
ou du côté de Montparnasse.
Rappelle lui combien d’envieux nous faisions, au soir de la belle année.
Car dieu sait, quelle folie s’était emparée de nos âmes, et quel feu brûlait alors
nourri de notre seul amour.
Il faut bien qu’existent les anges pour permettre cela

Il reprendra ma main, un jour prochain, un de ces après-midi ou alors a minuit

Lorsque tu marcheras au bras de ton frère mon amie, doucement dis-lui,
qu’il accroche toujours mes nuits et décoche mes heures.
Tu lui raconteras, combien j’ai pleuré en me séparant du vieux canapé, parle le lui du « Monde » plié sur l’accoudoir ravagé par le chat, ça le fera rire crois-moi.
Le tissu avait fait sien l’empreinte laissée par des heures longues et lascives sur le damassé beige.
Nous savions protéger le silence, nous étions seuls dans les bras du bonheur.

Il se souviendra, je le sais des soirs clandestins où nous reprenions goût aux rendez-vous.
aux heures de repos volées.

Un soir où je lui ai demandé de faire un voeux sur ma bague en grenats !
En silence il a dit « je vous veux » , l’incrédule, l’agnostique, le parjure parfois, a fait ce voeux pour moi.
Dans ce « Bar Lilas », il a murmuré des mots qui sentaient bon l’orage d’été, a pris mon regard pour en faire un grand festin.
Oui il s’en est nourri, Il n’a rien volé rien pillé, je me suis laissé faire, je l’aimais si fort, qu’aujourd’hui mon amie, à ce nouvel automne, je peux te le dire je l’aime encore.

Et , si, il est reparti, c’est pour en finir avec d’éternels « au revoir »
Cache ton sourire ma belle, je sais cette chose-là, son cœur ne sera jamais guéri du mien.

Rappelle lui notre « mariage » programmé dans le désert avec la petite bague achetée dans une boutique du vieil Alger.
Un anneau à l’index pour juger le monde, nous qui étions en fraude avec l’amour, montrer malgré tout du doigt, notre preuve, notre histoire, que ça hurle au delà des portes de Paris.

Les amants ne sont pas seuls au monde !
Peut importe leur singularité, peut importe la force de leur insolence.
La vérité des autres les rattrapent et tombent les masques, et tombent les sourires.
Pourquoi notre adieu leur était il indispensable ?
Terminé les grandes tables au Bar Lilas, finit les regards mélés, il était temps que tout cela finisse.
Et nous avons compris, oui, que nous n’étions pas seuls au monde
Nous l’avions volontairement oublié, fallait il nous le rappeler ?
Alors il a acheté tant de roses rouges, tant de roses, qu’il m’est impossible aujourd’hui de me souvenir du nombre.
Des roses rouges un soir de printemps, pour les rassurer, juste pour les rassurer, les faire taire

Bien sûr je n’aurai jamais été son épousée, tu le sais bien
Fallait il nous le rappeler ?
Ils se sont réjouis lorsque la « fiancée » est tombée, échouée de chagrin a leurs pieds suppliante.
No way ! je les entends no way ! J’ai fini même par en faire un tableau, noir comme ces mots,· une plaie ouverte au temps.

Sache avant de lui dire tout cela
Que ton frère est arrivé à la fin de l’été, un soir où je transportais Paris dans mon manteau rouge.
Il a bousculé mon deuil, et accroché aux étoiles de novembre le goût de la vie rien de plus.
Il était là pour dénouer les liens de mon naufrage. J’étais celle qu’il attendait, si simple et si fragile adage.
Lorsque nous dansions à l’envers du calendrier, nous étions beaux sais-tu, faux couple, et vrais amants, c’était ça l’important.
Dans ces quelques pas de valse au milieu de vos nuits nous avons trinqué a nous et a rien d’autre.

Parle lui du cristal fantôme
Parle lui de la pierre magique, de la neige sur nos épaules, et du bus 62 qui nous menait au cinéma, lui contre moi serré jusqu’à en basculer d’ardeur, il était heureux et j’aimais ça.

Tu lui diras Rabelina , que Paris et moi l’attendons.
Au soir de son retour
J’ouvrirai la porte, poserai les dattes, les kakis et tous les fruits murs sur la table
Katleen Ferrier en majestée voilera le silence, pour trahir mon impatience.
Alors nos deux cœurs a jamais réunis, pourront panser l’ultime blessure.

Il faisait déjà novembre
Le soir, ou le grenat a parlé
Faites un vœux… Je vous veux !

Au « Bar Lilas »
Entre mon avenir et son passé
Sous le regard d’Hemingway
Le bruit du bar en écho
Cachait notre premier duo.

Lise Dest /……à M;

 

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