Memoire

Le vent a pour habitude de nous éloigner de ceux qui partagent nos vies, les traversent, les bouleversent parfois follement.
Nous nous croisons, nous nous aimons, nous faisons de petits ou d’infinis voyages, nous nous prenons les mains ou juste le regard, nous puisons nos forces et nos rires dans des yeux profonds de bienveillance, de tendresse et d’amour, ou nous nous accompagnons un moment, un long, un petit, un moment d’amitié, un moment d’amour, un moment pour les demains, pour les toujours.
Il nous arrive d’être au saccage, alors, le temps avance et le vent ne souffle plus dans la même direction, nous traçons des lignes en sens contraires sans le voir, nous avançons encore, nous oublions lentement sans voir que nous oublions, vient un jour d avril de mai ou de décembre, le jour dit qu’il est trop tard.
C’est a cet instant que le vent, impatient, se lève, arrive et soulève le pan du voile de notre mémoire puis tire a boulets rouges et nous annonce l’ultime voyage de ceux qui ont partagés, un instant un moment, toute la vie avec nous.
L’impossible retour nous propulse dans un puits de tristesse de regrets, nous avons laissé passer le temps en sens contraire.
Le jour ou vos amis suivent le vent, vous avez envie de leur attacher un fil de soie à la cheville afin qu’aux beaux soirs de l’été portés par la brise ils vous adressent furtifs, un regard pour l’éternité.
A Gisèle.

À nos esprits au saccage

Nuits d Orient

Et, la lune dans tous ses quartiers
observe, silencieuse
Amante, qui ne réclame aucune fidélité
Cette terre de lumière
Ou rien n’est parfait

Pourtant,
Le sang éclabousse, inonde, et repousse
Coule, en rythme
Dans les profonds sillons
De nos corps en alertes
De nos esprits au saccage
Des barbaries qui se glissent et se hissent
à l’exaltant voltage

Les fruits murs, collent
Et les mirages de poussières s’y accrochent
Déguisement pathétique des nuits d’Orient

Jusqu’où me direz vous pousser le vice
A la fenêtre de nos vies
Ne plus avoir l’idée même du dégout

Ne reste qu’un murmure à l’oreille de l’aube           Simple silence qui ramène
Au hamac léger, au vent malin
Cette terre de lumière
Ou rien n’est parfait

Elisabeth de Saint thibault