Le bel été

fenetre Y14oct07 TRES BEL ETE A VOUS

Le blog de Lise Dest s’accorde un petit temps ensoleillé, un moment de repos
parfumé de lavande et de miel, une douceur attendue.

A très vite de vous retrouver

 

Les mots de mon amie Gabrielle

C’était l’année dernière, exactement, ce samedi là commençait ma première exposition à La Rochelle.
Gabrielle Benoit de Choignard, nous avait quitté en milieu de ce douloureux mois de février.
J’avais hésité, être là bas sans elle, ou abattre mes cartes sur un tapis de larmes ici
je suis allée exposer, Ludo Nadeau (peintre de marine) m’a merveilleusement aidé, François Solignac, épaulé et accompagné.
Deux mois plus tard j’ai repris mes toiles, succés tres limité, qu’importe, je l’ai fait.
Aujourd’hui Paris est noyé de pluie et , entre deux solitudes je retrouve ce texte,
et je retrouve sa voix, ses rires ses étranges regards, le souvenir de son incroyable savoir.
Près de moi cette rose d’argent qui ne me quitte pas, une rose cadeau de femme a une autre femme et ainsi de suite avec aux paumes de ces passages la mort en partage.
Gabrielle était mon amie, un coeur qui aurait dù battre encore  longtemps pas trop loin du mien.

Lise Dest – 3 avril 2010

« Lise Dest’inée à l’art poétique et à la mélodie… Lise DEST’inée à être plaie et couteau de soi, cher à Baudelaire. LISE qu’a remarqué un mécène intellectuel, administrateur du Salon d’Automne, qui a reçu les conseils de Monsieur Georges LEVY, remarquable critique d’Art, peintre mécène, éditeur de La Gazette des Arts et du livre des Artistes Contemporains… Lise DEST’inée à être une artiste sans le savoir ni le vouloir… Lise DEST est et sera… C’est la force du destin!
Les photos de ses toiles ne sont que le reflet apâli de sa technique si jeune et du corps à coeur véritable de son inspiration DEST’ienne à la matière. Elle choisit l’acrilyque on canvas et la bande plâtrée. Elle vit la réalisation subtile de peinture et matière. Toute oeuvre, si sensible qu’elle soit, est la montre d’un combat intérieur et physique avec ce qu’elle ne peut exprimer qu’au travers de ses toiles…
Jacques Rodrigues, mécène à connaître, va lui consacrer une exposition au Bar ANDRE (lieu favori de Richard TEXIER, qui a fait certaines des fresques de cet établissement qui est à La Rochelle ce que Sénéquier est à St-Tropez), du 1er Avril au 31 Mai. Pendant 2 mois,
pour lancer son talent… You can do it! »

Gabrielle Benoit de Choignard
ArtWorld.Galleries

 

Immodestie 4

4652_1149194683348_1032021950_30449421_3391484_nPhoto Lise Dest /Phot-auto-portrait !

 

Ce texte a été écrit par Arnaud LeGuern, merci a lui pour ce cadeau.

84, RUE MESRINE
« Il n’y a pas d’évènements vrais. Le vrai, c’est ce qui relève de l’art. » Fassbinder
Jamais fatigué de me balader sur les toits, de lorgner les gouttières, en aristochat des hautes asphaltes humides, j’ai attéri sur un balcon rue de la Fontaine-aux-clercs, à Paris au milieu des décombres de malfrats, dans un arrondissement de gris, de béton, et de trouées cristallines entre deux bourrasques ventrues.
A ce comptoir du froid, je suis chez moi.

C’est l’île d’une L… de Beauté, blonde Mélusine aujourd’hui penchée sur le berceau de mes éclats d’âme choqués au vent dans son manteau de neige. Tous mes néons parent ce territoire claudiquant qui me renvoie échos, images, silhouette, carrure et œil complice du Roi immortel de la Cour des bandits miraculeux : Mesrine Jacques. Le nom râle, tambourine, plante ses crocs jamais limés dans l’échine du temps qui ne passe pas, prend toute la place que je laisse. Mesrine balaie l’air des lieux et cisaille l’air du temps, le flambe comme un vulgaire scribouilleux quêtard de scoops. Pour l’air du temps, comme pour d’autres : une balle dans l’épaule, une dans la mâchoire, une dernière dans le bras et la bougie, caresse finale, qui aveugle. Mesrine pas mort évidemment, fantôme bruyant qui hurle aux loups éveillés ses tirades poétiques : « Debout les morts de faim ! », « Croquez, chers croquants, les chairs dépecées ! », « Faites de vos cavales, cavalcades et cavalières, des palaces, des suites luxueuses pour voyous des messes du temps présent. »

Arpenteur des contrées polémiques de Basse-France et peau épiques des caracos soyeux, je suis à la lettre, au pied beauté de ses tchin-tchin de fanfaron, l’instinct de mort magicien du grand Jacques, artiste du braquage, Arsène Lupin de l’évasion, Cyrano des années 70. Je me repasse la bande archi-connue, je dégage les commentaires à képi de Broussard, et raconte l’histoire de Mesrine. Son corps fascinant dans sa caisse, une BMW, son corps troué, explosé de balles et exposé aux corbacs, clic-clac kodak, sous les flash à grenades, un Che des grands boulevards urbains. Son épitaphe, pour ceux qui croient au grand Ciao, je la pique à Edmond Rostand :

« Philosophe, physicien, Rimeur, bretteur, musicien et voyageur aérien,
Grand riposteur du tac au tac Amant aussi – pas pour son bien !-
Ci-gît Jacques Mesrine Qui fut tout, et qui ne fut rien. »

Il fut tout, il ne fut rien, Jacques, comme tous les petits princes pervers au cœur battant, adoubés par des lucioles trinquant à la fragilité de la mélancolie. Les princes, de Bergerac, de Kerangoff, de Pinarellu ou de La Fontaine-aux-clerc, vous savez « ceux-là qui pour amante n’ont que du rêve soufflé dans la bulle d’un nom ». Les princes qui, sur le boulevard del sol, disent bye bye à grande vitesse au Faron, aux monts pelés et crâmés comme une carcasse fassbinderienne sur un siège avant de BMW. Les princes qui font tourner les tables, connaissent les fins mots des affamés et débarquent au port des fines attaches, la bouche pleine de poésie.
Dites-moi, vous, j’arrive, je m’installe, Jacques est-il là ? J’attends ta réponse, bella, elle ne tarde pas, tinte, aussi légère qu’une lame :

_ « Ciel d’un joli gris laissant passer quelques lacrima christi et le souffle fort de Mesrine qui attend au parloir libre de mon balcon une bastos fumée de voyou… »
Au 84 de sa rue, Jacques arrose, enfile tous ses déguisements, poursuis son histoire, avec pour bande-son, les doigts de Sergueï sur le clavier.
Champagne !
A.L/2001

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