Marpessa Dawn 2Il faisait déjà chaud, l’été avait a peine lacé en parenthèse les escarpins d’une Parisienne pressée, moi dans mon bus 21 retour a casa avec vue sur jardin, là ou les peupliers bruissent et calment.

Marpessa Dawn, la belle Eurydice d’Orfeu Negro, est là, assise, nonchalante, souriante, légèrement décharnée.
Bien sûr la vie est passée…

Dans ce coin tant aimé de Paris je la rencontre.

Sourire évaporé, cheveux coiffés en rêve, fatalement belle, elle porte haut la splendeur des années d’avant, de celles qui rapidement ne lui ont plus rien rapporter.

Assis face à elle, dans ce bus qui trace, un voisin précieux l’accompagne et veille avec tendresse.

Mon appareil photo n’échappe pas à la vue de celui qui lui tient la main, il s’empresse de devancer Marpessa Dawn, de répondre à sa place, d’un NON sec qui accompagne un regard peu probateur, mais Elle, est d’accord, étonnée d’être reconnue
« Oui, chérie  » balance t-elle dans le bus qui commence à comprendre que le 21 a peut etre à son bord une star.
Etoile d’hier, divine d’aujourd’hui, fauchée, échouée loin de la musique de Stan Gezt, loin de la samba, loin tellement loin d’Eurydice, Marpessa Dawn embrase toutes les petites choses du jour d’un sourire époustouflant
Je fais 3 photos et les lui montre immédiatement, éclat de rire, elle m’embrasse
le voisin accompagnateur surveille, elle décide de descendre et lui dit que nous allons marcher toutes les deux qu’elle le retrouvera ce soir
Ses pas sont lents, lascifs, les mots tournent autour de ses innombrables colliers, elle rit beaucoup, Orfeu Negro et tout le reste ce n’est plus sa vie, même si elle en est précieusement drapée. Hier prend tout son sens , d’hier, d’aujourd’hui et demain, de ce trio tragique de la vie, ne reste qu’aujourd’hui éclatant, demain, commence à se préparer sur la pointe des jours.
C’est donc, ici maintenant dans ce treizième arrondissement que Marpessa Dawn fait onduler le temps de sa silhouette fragile et de ses grigris multicolores.

Je lui parle avec ce « vous » qui la fait sursauter
– Chérie, tu sais chez moi, il n’y a qu’a ses ennemies, à qui l’on dit « Vous »
nouvel éclat de rire

Nous avançons le long du Parc Montsouris, elle parle peu, sourit beaucoup, son pas se fait plus en plus lent, alors, elle me propose d’arrêter ici, de ne pas l’attendre, elle rentrera seule à son rythme.
Nous nous donnons rendez-vous quelques jours plus tard pour prendre un café place de Rungis.

Marpessa Dawn n’a pas le téléphone, il faut, pour la joindre, atteindre une improbable librairie basée rue d’Alésia, je me demande encore si cette boutique existait vraiment, ou si elle servait de paravent entre Marpessa et sa mémoire, entre sa dignité et nous ?

Je l’ai attendu,  dans la moiteur  de cette fin dété, je l’ai attendu tout l’apres midi  une seconde fois, sans jamais avoir réussi à laisser quelconque message, le numéro de téléphone ne correspondait à rien, j’ai fini par quitté la Place de Rungis, désolée, vraiment triste.

Marpessa Dawn avait disparue, me laissant au creux de la main, les mots et la douceur d’une femme de coeur.
Nous étions en 2008

J’avais fait promesse de ne jamais dévoiler ces quelques photos tant que Marpessa Dawn emprunterait le bus 21 ou cheminerait le long du parc de mon enfance.
Ce soir, ce souvenir bat le rappel, est ce elle qui m’accorde un nouveau rendez-vous, une ultime promenade ?
J’aime à pener que, oui.

Au revoir Madame, j’ai encore la légèreté de ton bras accroché au mien le temps d’une promenade hors du temps un jour de juin.

Lise Dest

Filmographie de Marpessa Daw

* The Woman Eater – Native Sacrifice Girl (1957)
* Black Orpheus – Eurydice(1959)
* Sept En Attente(1996)
* Cherie Noir
* Sweet Movie – Mama Communa (1974)
* Le Bal du Comte d’Orgel – Marie (1970)
* Vinicius – Herself

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Le bonheur d’une heure, d’un jour ou de toujours celui de l’ouvrage commander dans l’impatience, ou inattendu comme cet apres midi de juin.

Dans mon nouveau quartier, ou je n’ai pas encore trouvé le petit fond d’âme qui pourrait me faire chavirer, j’ai vu en moins d’une année disparaître deux librairies, préférant éviter la grande enseigne aux quatre lettres, pour une librairie avec sa belle poussière de livres.
Je pars liste en main, à la découverte…

Safari d’écrits, pause de prose, deux titres en tête
« Du Soufre Au Cœur » d’Arnaud Le Guern
« Quitter le Monde » de Douglas Kennedy
En passagère des mots de La librairie
« Aux Quatre Vents », Brigitte abandonne à mon entrée sandwich et petit café, pour prendre le vent celui du temps de la tranquillité.
Le bruit de l’avenue des Ternes a l’élégance de prendre ses quartiers, il n’a pas sa place ici où seules les pages attendent d’être respirer, caresser et dévorer !

Ma commande passée, intarissable et généreuse dans son partage Brigitte me glisse ce titre « Prodigieuses créatures » et dépeint avec tout le délice attendu,
la trame magique du dernier ouvrage de Tracy Chevalier.
Me voici riche d’une belle rencontre et de 377 pages parues aux
Editions La Table ronde dans la collection Quai Voltaire

Espérons qu’aucune boutique griffée maillots de bain
escarpins ou autres vêtements ne délogent ce bel endroit.

Librairie « Aux Quatre Vents »
77 avenue des Ternes 75017 Paris


Prodigieuse Créatures
…. « La foudre m’a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai » Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde

Voici une histoire sensationnelle vraie, revisitée avec belle empathie
The Gardian

 

Good Bye my friend

mademoiselle Gabrielle de

GABRIELLE, mon amie aux L jumelles bientôt sonnera le temps de compter, compter les mois de l’absence, les mois sans toi et sans cet éclat si singulier qui faisait tournoyer a tes cotés les âmes plus différentes qui soient sur cette terre, que tu as choisi de quitter

Good Bye My Friend, les anges t’ont déjà pris en amour et le ciel te fait la cour c’est certain.
Tu ne viendras pas m’attendre en haut des marches du Grand Palais, et plus jamais je ne m’agacerai à te regarder virevolter à deux minutes d’un rendez-vous précieux
Alors fais tanguer les étoiles de ton rire incroyable
Et danse, danse maintenant sur la voie lactée.

Good Bye My Friend
So sad now

Lise Dest
A mon amie Gabrielle Benoit de Choignard

http://www.youtube.com/watch?v=zKaVqH_0SAY

 


Selon le quotidien Libération,
la situation est extremement alarmante dans notre pays …

 

Lise Dest / 25 nov 2009

 

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