Aux beaux soirs de l’été

Au beau soir de l’été
Lorsque la glycine est tombée
Laissant là
La rime que je t’avais donné

Aux beaux soirs
Qui n’en finissaient pas de mourir
J’ai vu qu’il y avait plus fort, qu’il y avait pire.
A la peine d’amour
Résister à celle
D’un nouveau jour.

Lorsque la glycine un beau soir est tombée
Pourquoi dis moi
Les ombres se sont elles accrochées
Au premier mensonge de la nuit.
Aux ombres engourdies

Aux heures lentes de l’été
les fleurs de dunes posées
comme cheveux sur l’oreiller.
Au clair de l’océan
A la lune enchantée

Pourquoi dis moi
Ne t’accroches tu pas a ma route ?
Te dire que tu es le premier
Que tu es le dernier
Et coute que coute
Y croire et te damner

Mais aux jolis soirs des toujours
Les fleurs sont femmes cruelles
Elles quittent le bel été
vous laissent , sauve et muette

Lise Dest -11/09/07

La guérisseuse

On raconte qu’elle s’est jetée un soir d’été, d’un balcon de cette ville très bas vers le sud du pays. 

La guérisseuse toujours en duel avec les cieux, chassait en magicienne les ombres menaçantes, invoquant diable et anges confondus, pourvu que furent guéris, les passagers de son coeur.

La guérisseuse avait quelque chose qui ressemblait, au lever du jour, triste malentendu entre elle et la vie.

Au premier matin d’été, nue sous le soleil, parée de velours sang sur peau de soie, désarticulée, ils la trouvèrent danseuse pâle sur flaque pourpre.

La vie infidèle et cruelle, griffa un ultime tatouage sur peau de misère, peau de princesse. Il n’y eu pas même un cris au moment de l’accueil au sol de cette ville si bas vers le sud, la guérisseuse  muette jusqu à l’adieu.

Au dimanche d’août, aux cloches sonnées, elle dort, et l’été paresseux consume et brûle lentement ce qui reste de femme en elle.

Chacun se souvient qu’en couturière habile elle asssemblait, un rien de démence dans le geste, toutes les plaies des amants égarés, puis à la marée nouvelle chamane d’amour, déposait le plaide de douleurs sur écume et coquilles nacrées.

Les hommes absouts, regardaient de nouveau le visage haut cette ville très bas vers le sud.  Pourtant ils s’ absentérent le jour de l’envol, envol de l’ange.

Car les hommes du pays siestent à l’heure du désespoir, à l’heure effrayante du grand voyage, ils dorment lascifs à la saison des fruits mûrs, des jasmins odorants, du goutte à goutte lanscinant de la fontaine, oui les hommes guéris dorment.

On raconte encore, que la guérisseuse n’avait plus de prénom, pas même de nom, elle n’était devenue qu’une  chanson une ritournelle aux refrains mauvais.

Bien loin des voix basses, elle esquissa un dernier pas de danse, dessinant au ciel sa plus belle révérence, sous feux de soi, flou de soie multicolore.

Au jour brûlant d’août, c’est vers lui, et lui seul qu’elle se serait retournée.

Lise Dest.©