Tango noir

lys_royal[1]

Tango noir
Danse qui inverse le temps
Au milieu de ce pas de deux
Une nuit conquise à contre temps
Sous la voûte poudrée de nuit
Trouble nébuleuse de la vie
Unique et parfait désenchantement

Tango noir

Le temps emporte sans mot dire
Des histoires impossibles
Des raisons égarées et des passions
Qui se libèrent dans la danse

Tango noir
Emporte ce soir
Ce tango en noir et blanc
Dans un bouquet d’orchidées
Et de lys mélés.

Lise Dest

 

Supplique pour un bal mortel

par Lise Dest

vos gestesVos gestes me blessent, vos mains me parcourent et s’emportent je vous sens m’envahir, et graver sur le bord de mes lèvres vos messages insolents, confidences omniprésentes.
Notre bal mortel a commencé…
L’indécence de votre désir : goutte à goutte lent et froid, rythme des aveux singuliers,
mes veines lâchent, vos espoirs me plaquent au murs, je sens mon corps s’effondrer sous la force de vos caresses.
Vous êtes glacé mon amour ! venez chauffer le bout de vos doigts, coussins de chat! je vous confie ma tiédeur, aussitôt votre petit cœur de caméléon se glisse comme un hussard au plus loin de ma chaleur, de mes couleurs.
Je vous attends, vous interroge, ce soir, ni verbe ni mot, croiser votre regard ardent et lumineux, étreindre la nuit qui portera votre voix. Vous êtes mon aube rare, mon jeu de miroir.
Vous espérez des cris, et des sursauts, ce soir, je vous offre mes plus grands silences, à vous mon plaisir muet.
Vous m’étoufferez pour me faire crier, la glace et le sel pour m’obliger à hurler, j’avalerai mon extase pour en inonder votre bouche et vos mains cette nuit n’aura qu’un cri: le votre; supplique magnifique! souffrance aiguë, incommensurable jouissance du plaisir annoncé, consommé, certitude déclarée fondue dans les nimbes de mon «absence». Votre rage, hôte de ma de jouissance, vacillera contre mes jambes que vous aimez si blanches, lianes sinueuses dans le terreau de votre corps.
Vos draps noirs, sont comme le sang qui me parcourt et me pare, l’orchidée sombre, s’attarde mi ouverte, demi éclose dans l’écueil de vos mains de centaure, vous aimez en froisser chaque pétale, vous assurer de mon obéissance, vous pourriez en presser l’infini breuvage maintenant, mais vous choisissez l’attente, vrai plaisir, ultime grâce des corps qui se sculptent l’un l’autre dans le manque.
Dans l’ombre : vos yeux, gouffres de fantasmes ! pillent chacun de mes délires …
Sous les grammes de mes soies votre souffle, me coupe de la nuit. Propulsé vers d’autres lumières, plurielles et cadencées, mon corps sans parole cherche un enchevêtrement définitif, une apnée magique.
Vous investissez mes reins comme le banc d’une église repos d’un ange avant l’attaque du guerrier!
Nous nous attendons, nous détachons, Rodin, Henner, Fromentin, nous guettent, les murs résonnent de l’improbable mélange des pastels, des sanguines, et de vos bras, passagers clandestins de mon corps nacré. Coquillage pour collectionneur d’algues et d’étoiles abandonnées, cadeaux d’un corps à cœur aux moissonneurs des grandes marées.
Qui connaît mieux qu’un pêcheur de hasard, la couleur des yeux des femmes coquillages ? couleur du néant, couleur de celles qui le regarde.
Le temps emprisonne les nuits d’amour, comme les larmes grenat de ceux qui préfèrent les ponts ou les rames glacées d’un quelconque métro…
Vos mains me touchent, vos mains me baignent et me douchent au milieu du plus désastreux vacarme organisé sur la planète, l’espoir de notre nuit se joue dans un écrin de douceur et de douleur, prenez moi dans vos bras c’est là que j’ai envie de voyager!
Votre peau sent le vent et l’orage, faites de la mienne, l’empreinte sombre de votre linceul, puisque mon amour nous partageons la même peur : la puanteur de la mort!
Plantés dans le corps l’un de l’autre, votre iris catalan, uni au de sang de ma vie qui fut bleu en son temps! se fige, vers l’obsédante image du dernier voyage, danse ultime, assaut final incontrôlable, le vent et le feu à en crever.
Vos mains se font plus rudes, violentes et fortes, m’arracher de votre corps me tuerait , je me laisse porter par votre peur et son étreinte, seul espoir d’une éternité contrainte.
Etendus, dans le silence d’une fusion insolite, vous me déchirez pour que le temps n’existe plus, pourquoi me rappeler à l’ordre ? votre désir m’inonde, la charge glacée de votre effort me propulse, à en perdre l’esprit, mon maître m’emporte vers la mort, loin dans le tourbillon de ses yeux de jais.
Souvenez-vous de “la tentation de St Antoine” de Gérôme Bosch,
envolons nous, loin de la vie sur le poisson géant de ce triptyque de perfection et d’hérésie.
La mort n’a plus d’odeur mon cœur, mon amour, ma douceur, vous aimez mon parfum depuis si longtemps, aujourd’hui voulez-vous vraiment en connaître le nom ?
Serrez-vous contre moi, et parcourons enfin sur notre animal ce monde qui nous exaspère.

lise dest /2004

 

Bye Bye Clément des étoiles

Bois Plage

Bye-Bye, à toi, Clément des étoiles
Tu pars avec toutes mes voiles
Y a rien à dire
Tu ne reviendras pas
Tu ne passeras plus caresser le chat

Y a rien à dire, tu ne reviendras pas
Tu ne passeras plus caresser le chat

Bye bye à toi Clément des étoiles
Les coquillages dessinent sans toi
Sur la plage de Ré
une autre destinée
Sur la plage de Ré une autre destinée

Y a rien a dire tu te tires à jamais

Pour mourir il faut que l’amour
Soit grand, mais toi Clément
Tu sais qu’il n’était
Qu’a demi-vivant
Il n’était qu’a demi vivant
Pour mourir il faut
Que l’amour
Que l’amour, soit grand

Y a rien à dire, tu ne reviendras pas
Tu ne passeras plus caresser le chat

« Bye-Bye », un jour ça t’a crevé le cœur
Un jour où tu rêvais
A un nouveau bonheur
Mais ce matin Clément des étoiles
Tes mains ne jouent plus avec mes voiles

Je ne peux pas te dire au-revoir
Tellement j’ai été
A toi certains soirs
Tellement j’ai été à toi certains soirs
Mais toi Clément au nom ancien
Tu as vite oublié
Que tu étais mien
Vite oublié que tu étais mien

Y a rien à dire, tu ne reviendras pas
Tu ne passeras plus caresser le chat

Bye Bye, à ton sourire ravageur
A toutes tes paroles de menteur
Clément des étoiles
Dis moi pourquoi
Toutes mes fleurs, tu les emportes avec toi

Bye-Bye à toi Clément des bords de Marne
Sur la plage de Ré
Les bateaux aussi mettent les voiles
Bye Bye à toi Clément des bords de Marne
Les rejoindre
Pour t’oublier
Les rejoindre et t’ oublier

Bye, à ton sourire ravageur
A toutes tes paroles de menteur
Clément des étoiles
Dis moi pourquoi
Toutes mes fleurs, tu les emportes avec toi ?

Lise Dest – 6 juin 2009

 

Sage et sans fard

Vous
Ma source sans sulfure
Mon attache singulière
Ma lumière et parfois mon ciel

Sage et sans fard
C’est d’amours parallèles
Que s’enchaînent les soirs

Vous
En habitudes données
Secret profond bien gardé
À mes silences jamais calmés

Au jardin de vos lendemains
Entre sable et roses trémières
Veillez à mes lumières
Gardez a la lanterne
Le secret entre vos mains

Sage et sans fard
C’est d’amour parallèle
Que le soir aime
Et s’enchaîne

Vous
Dans le chaos des capitales
Tinte le diapason
D’un soleil d’automne

Mon jeu, mon miroir
En maître des mots
Me condamne
A poser mes aubes
A vos genoux

Sage et sans fard
Cet amour parallèle
Qui s’enchaîne au soir
J’y pose mon cœur
Vous respirer encore

Lise Dest – 2010

 

Trou noir Trou de mémoire

Trou noir
Trou de mémoire

L’histoire en corps
Assise en tailleur
Jambes croisées
Danseuse silencieuse
Sur le banc de l’univers
Réinvente les jeux
Les parcours du tendre
Sur la carte stellair
e

Trou de mémoire
Trou noir

Partage bleu et noir
D’un éventail amoureux
Des étoiles, de leurs histoires
Caresse le front les méches
De la paresseuse
Qui
Se prépare en douceur
Pour regagner la terre
Le temps d’une nuit
Magicienne et claire

Lise Dest-Fevrier 2010

 

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