Il me reste toujours comme un bruit sourd,celui de ton coeur battant, sur lequel je rêve encore de m’endormir
Chargé des mêmes promesses qu’hier, un portrait argentique, au mur blanc du salon raconte des histoires auxquelles je ne pourrai plus jamais croire.

Quand le soir tombe, comme il est long ce morceau de route sans toi

Lorsque le doute arrive, reviennent avec le vent de novembre les souvenirs doux et tièdes. La rue Soufflot, la place de l’Estrapade, ta main accrochée à mon cœur dans un taxi en fuite pour la gare du nord.
Lorsque le doute arrive, j’ai le goût de tous ces cafés un peu trop noirs, petites ponctuations de nos matins de nos soirs.
Inutile de traverser les frontières pour faire des voyages inouïs, il nous suffisait de passer d’une rue à l’autre, mon bras en couronne contre le tien, de nous asseoir laissant glisser précieusement le silence comme les mots, combien de fois avons nous fait le tour de la terre ?

Le matin ou les larmes se sont fait silence, j’ai retrouvé les messages secrets sur ma peau, tatoués par toi les nuits de grands départs.

Depuis que la pierre t’a pris comme compagnon, je ne suis que vapeur éternelle, nuage où les hommes reprennent courage avant de voler plus haut.
Je t’entends rire de tout ça, et, malgré la cruauté de l’instant, je souris, je te souris, un voile frais s’enroule de mes chevilles a mes épaules, c’est toi qui me pares et me protèges

Il y a si peu encore chaque départ n’étaient que promesse de retour, de voyages renouvelés, saison toujours renaissante. Sans paradis ni enfer la vie au clair de Paris
Le monde, les jours, le vent de l’hiver me rappellent que le temps n’a plus les mêmes égards, et que sur le quai personne n’attend plus. J’apprends à ne plus avoir peur.

Dieu qu’il est long ce morceau de route sans toi

Demain je t’apporte des jonquilles et des coquelicots, pour toi pour elle pour l’amour qui flambe et qui niche dans le coeur de ceux qui ne craignent ni le feu, ni les blessures.

A toute la vie

2006 / à E.R.G

 

Lorsque la nuit doucement se pose

Lorsque la nuit doucement
Se pose il reste d’hier
Encore quelque chose
Un parfum de roses
Un souffle qui fait palpiter
Charmes et peupliers

Son langage appartient a la terre
Comme les ailes de l’oiseau à la mer

Lorsque la nuit doucement se pose
Elle laisse au sommeil de novembre
Un ciel qui ne m’aura pas beaucoup
Aimé

Un homme pleure
Dans cette nuit écartelée
Un homme nu comme l’ombre
Que cherche t-il à l’heure
Des amants et des chimères
Une île, une colombe
Dans ses rêves déchirés
Un homme pleure et je l’entends

Lorsque la nuit doucement se pose
Il reste d’hier
Encore quelque chose
Un parfum de roses
Un souffle qui fait palpiter
Charmes et peupliers

Et reposent en silence
Larmes et souffles d’errance
Aux derniers parfums
Des roses espérance
L’espoir est vain
Puisque au nom de la fleur
Au matin même il meurt

Dans ses rêves déchirés
Un homme pleure et je l’entends

Lise Dest

 

Marc’h Fou d’amour

Ô, rivages d’Armorique
Que n’avez-vous confié
Tristan, aux mains de Marc’h
Roi, et cousin d’Arthur

Ô, chevaliers jaloux d’un cheveu d’or
Que n’avez-vous faute de faire chavirer la barque
Brisé l’espoir d’un Roi
Et se perdre au profond du repaire
Yseult la belle, Tristan le valeureux

Ô, préparation légendaire
Composée sur le vol d’une hirondelle

Mirgesse, magicienne de Tintagel
Retenez votre bras
Taisez l’incantation qui trahira la princesse

Le philtre d’amour
Aux rivages de Cornouailles
Deviendra à jamais
Chagrin ombre et obsession
Et,
Sur les Monts de Bretagne
Repos gagné dans les larmes
Au profond couchant
Le tombeau, du Roi vaincu
Cailloux à jamais serrés du Menez-Hom.

Amants d’aujourd’hui il vous appartient de protéger
D’ une pierre nouvelle à quatre mains posées
Le mausolé d’un Roi fou d’amour pour l’éternité

Lise Dest

 

Ecorce a l’arbre de ma vie

Ma peau n’est plus qu’écorce à l’arbre de ma vie
feu de joie qui brûle de trop de cicatrices
Au ventre de la nuit m’agenouiller sous la pluie

Sourire pour atteindre un regard
Le mien, noir depuis toujours
Peut importe la couleur du temps
Ne se disperse plus aux quatre vents

Ma peau n’est plus qu’écorce à l’arbre de ma vie
feu de joie qui brûle de trop de cicatrices
Au ventre de la nuit m’agenouiller sous la pluie

Au ciel fort d’une nouvelle oraison
Qui viendra me prendre en passion
Récitera les mots d’une autre chanson

C’est en rêve
Que se dessine l’avenir
Sans souvenir
Ne reste que murailles à franchir
Que n’es-tu venu détruire
Mes gestes, mes mots, mes rires

Ma peau n’est plus qu’écorce à l’arbre de ma vie
feu de joie qui brûle de trop de cicatrices
Au ventre de la nuit m’agenouiller sous la pluie

Le temps d’aimer en grand
À prit la fuite au présent qui fleurit
A l’abri du printemps
L’élan s’éloigne à pas de géant

Ma peau n’est plus qu’ écorce à l’arbre de ma vie
feu de joie qui brûle de trop de cicatrices
Au ventre de la nuit m’agenouiller sous la pluie

Lise Dest – 2010

 

D’hier

De nos regards croisés, un soir d’été, s’agite une tresse magique de silences et de secrets. Au puit de mes paumes tu as déposé des mots et des pages, rien de ce qui a été lu ne me quittera.
Dans mon hacienda, blottie contre le « visage d’un Turc en pleurs » c’est un poignard que tu as planté dans ce qui me restait de coeur, une lame par toi plongée dans le miel, le feu, le meltem et le sel brûlants.
Voyageuse insolente, marée haute à en crever, c’est une déferlante incontrôlable qui casse les digues de la raison, vague qui m’enchaîne et m’entraîne au profond d’un gouffre inconnu : Le plaisir de cette écriture envoûtée.
L’Art a tout prix, au flot de ton sang jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’écoeurement
Noisette et jade mélangés, la couleur de tes yeux envahie les carnets et le clavier
où tes gégouts ont fini par faire alliance avec tes goùts.

Écrire pour être publié… Toujours la même croisade entre toi et l’attente.

Lise Dest

* Visage d’un Turc en pleurs – Marc Edouard Nabe
Gallimard – l’Infini

Site de Marc edouard Nabe : alainzannini.com

 

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