Des Coquelicots

OUI, nous voulons des coquelicots, dans nos campagnes, entre les oyas dans les dunes, aux pieds des arbres de nos villes comme par le passé. Nous voulons des coquelicots.
Des coquelicots qui n’ annonceront qu’une chose :
l’arrivée de l ‘été !!

stop aux pesticides nous voulons des coquelicots 

Shakespeare, Le Roi Lear

« Hurlez, hurlez, hurlez donc !
Êtes-vous des hommes de pierre !
Si j’avais vos langues, vos yeux, je les emploierais si bien
Que la voûte du ciel se disloquerait »

(Shakespeare, Le Roi Lear, V, iii, trad. Yves Bonnefoy)

Mémoire

Le vent a pour habitude de nous éloigner de ceux qui partagent nos vies, les traversent, les bouleversent parfois follement.
Nous nous croisons, nous nous aimons, nous faisons de petits ou d’infinis voyages, nous nous prenons les mains ou juste le regard, nous puisons nos forces et nos rires dans la bienveillance du regard, nous nous accompagnons un moment, plus ou moins mon , un moment d’amitié, un moment d’amour, un moment pour les demains, pour les toujours.
Il nous arrive d’etre  au saccage, alors, le temps avance et le vent ne souffle plus dans la même  direction, nous traçons des lignes en sens contraires sans le voir, nous avançons encore, nous oublions lentement sans voir que nous nous oublions.

Puis violent,  vient un jour d avril de mai ou de décembre , le jour dit qu’il est trop tard.
C’est à cet instant que le vent , impatient, se lève , arrive et soulève le pan du voile de notre mémoire et tire a boulets rouges au moment de l’insupportable, l’annonce de l’ultime voyage de ceux qui ont partagé un instant un moment, toute la vie avec nous, il ne reste qu ‘ une chose à faire les regarder mettre les voiles majestueuses et désespérantes.

L’impossible retour nous propulse dans un puits de tristesse de regrets, nous avons laissé passer le temps en sens contraire.
Le jour ou vos amis suivent le vent, vous avez envie de leur attacher un fil de soie à la cheville afin qu’aux beaux soirs de l’été, portés par la brise ils vous adressent furtif regard pour l‘ éternité.

Nous apercevoivent-ils ceux que nous avons tant aimés aux soirs des étoiles filantes et vœux égarés ?

Lise Dest

Silence

Massoud assassiné deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001 avait parcouru les capitales du monde et s’était rendu au Parlement Européen pour demander aide et écoute.

Le commandant Massoud avertissait alors tous ces dirigeants sourds et complices que le pire était  a leurs portes.
Silence
Aujourd’hui 17 ans plus tard, nous y sommes.

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Bon voyage Mlle K.

Ma louve, mon petit fruit, ma douce ma délicate

Le printemps s’est vidé , un soir quelques minutes avant minuit, le ciel était incroyablement bleu.
Tout était  fait pour te retenir encore un peu
mais le vent s’est montré impatient.

Mon cœur de vie, ma douceur, bon voyage.

 

©Photo Lise de Saint Thibault

Hommage à mon amie Gabrielle Benoit de Choignard

Le Caffé Greco nous attendra 

Nous nous y retrouverons une autre fois, nous  mettrons nos plus belles ailes, un peu de vert sur les tienne pour rappeler la lumière de tes yeux, nous farderons nos joues, nous adorons tricher avec la vie,                               jamais avec l’amour.

‘’Nous irons à Rome, je te le promets au prochain printemps, à l’automne magique, aux premiers flocons si tu préfères, mais nos irons à Rome 

Et si ce matin, je suis comme feuille-morte devant le grand feu qui t ‘emporte, je me tiendrai debout et m accrocherai à cette chaise pour ne pas te rejoindre.

Tu le sais toi, qu il n y a pas que l amour charnel qui précipite dans le gouffre, tu as rejoins cette lumière tant convoitée depuis si longtemps, et je n ai pas su te retenir au chaud de nos amours de nos tendresses.

Envole toi,   ma belle amie aux ailes jumelles, affole ce ciel qui me parait bien tranquille, fais le danser et rire

Les deux pieds sur cette terre, demain au détour d’un soir tiède et apaisé face à  l’océan  je te verrai  filer, à la nuit étoilée 

Gabrielle Benoit de Choignard

Et si ce soir ma peine est si violente. C’est parce que je t’aime infiniment.

©Texte et photos Lise de Saint Thibault (Lise Dest)

PAris en a fini avec la guerre de Troie

BERNARD GIRAUDEAU est mort

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Clap de fin
On ne tourne plus
Un lion est mort ce soir
Silence, silence
Bernard Giraudeau, comedien, réalisateur
ecrivain , a largué hier matin.

Poète du beau voyage, du grand large il est rentré au port
toutes voiles dehors

Bon voyage Monsieur

Source photographique : photo Stephane Sakutin

Tu aurais pu vivre encore un peu /Jean Ferrat nous quitte

… »Tu aurais pu vivre encore un peu, pour notre bonheur, pour notre lumière »…

847630_ferrat_125x125Ce samedi porte le voile de larmes et de révolte
les mots manquent, les mots meurent a leur tour.

Jean Ferrat « un grand bonhomme, un Homme » (dixit mon ami Michel Frenc qui l’a bien connu et a travaillé a ses côtés, une pensé pour vous Michel )

Ce soir la nuit tombe plus vite et le brouillard envahi mon regard, mais pas ma mémoire.
Chez nous Jean Ferrat c’était le dimanche matin sur un électrophone, Potemkine, Aragon, …C’était toute une époque pour tous les gens engagés.

Jean Ferrat c’est aussi la rencontre magique avec Christine Sèvres une voix de cristal au cœur d’un amour bohème et diamant

Lise Dest

 

Dans nos nuits…

Il y a dans nos nuits des hommes endormis, seuls, loin de tout souvenir. Dans le froid et le noir, des hommes qui en veulent au soleil de n’avoir pas rendez -vous avec la lune.

Il y a aux portes cochères  de mes amours d’adolescente,
des errances qui font calancher mes envies de sourire.

Au bord de mon fleuve, près de la rive ou je suis née
il y a des terreurs qui me font hurler que l’au  delà c’est déjà ici et très bas.

Demain matin, au pied d’un marronnier effeuillé par l’automne pendues aux lèvres d’un homme évanouie, se sera accroché le givre et la mort.

OUI , c’est evident le soleil a définitivement rompu avec la lune, fiançailles  annulées, laissant dans rupture des hommes et des femmes paumés à la divague
OUI, le soleil à cesser de briller pour ces ombres fatiguées de n’être plus, de être  pas.

Cette  nuit ils en coûtaient bien peu au vent d’hiver, de faire la paix avec les étoiles de prendre rendez-vous sous le halo. Et de passer une bague serpentine au doigt glacé de la nuit. Juste parce que il y a dans nos nuits des hommes et des femmes endormis, seuls, loin de tout loin de tous souvenirs.

©Lise Dest