Il y a dans nos nuits des hommes endormis, seuls, loin de tout souvenir.
Dans le froid et le noir, des hommes qui en veulent au soleil de n’avoir pas rendez -vous avec la lune !
Il y a aux portes cochères de mes amours d’adolescente,
des errances qui font calancher mes envies de sourire.
Au bord de mon fleuve, près de la rive où je suis née
il y a des terreurs qui me font hurler que l »au delà » c’est déjà ici et très bas
Demain matin, au pied d’un marronnier effeuillé par l’automne
pendues aux lèvres d’un homme évanoui, le givre de notre ignorance de notre indécence.
Avant que ne coule le vin de la fçete, nous aurons eu le temps de leur en vouloir de vider
du soir au matin du mauvais vin, de pisser contre nos portes, et de nous traiter de salauds.
Oui nous saurons aller jusque là
OUI c’est évident le soleil a définitivement rompu avec la lune
les fiancailles annulées rompues à la divague des paumés
Oui le soleil cesse de briller pour ces ombres fatiguées de n’être plus,
de n’être pas.
Pourtant cette nuit il lui en coûtait peu, de faire la paix avec les étoiles
de prendre rendez vous sous le halo, et de passer une bague serpentine
au doigt glacée de la nuit.
Juste parce que
Il y a dans nos nuits des hommes endormis, seuls, loin de tout souvenir.
Lise Dest
Un texte qui n’est pas récent et pourtant …..
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