Venise souviens toi d’elle

Sur les ombres à l’envers
poignée de fruits rouges
jetée sur le plateau
Comme jeu de maux
en plein été
Amoureuse et cruelle
Venise souviens-toi d’elle…
Sous le masque rien de bohème
Sur l’épaule un ange entravé,
aux dernières enchères volé.

Elle naît au silence
pue la solitude, le chagrin
Les ombres sans pitié
accrochent ses seins,
pour divertir le soleil qui vient
Déesse et païenne
elle se donne seule le baptême
Fer rouge à la main
Venise souviens-toi d’elle…
Sur les bords de la lagune
Elle pose draps et bas de soie
Amoureuse et cruelle
elle vole tout ce qu’elle ne peut
donner.

Sans raison donnée
Balance un ultime requiem
de larmes et de respirations salées
elle pardonne en tourbillon
Déraisonne face au soleil
se damne dans l’obscurité
Dessous de lune
Fleur sur le canal
Elle tangue comme voilier
en pleine été danse sur l’eau souillée.

Aux ombres totems
poignée de fruits rouges écrasée
Comme dès sur le plateau
Comme jeu de peaux
Amoureuse et cruelle
Venise souviens-toi d’elle…

Lise de Saint Thibault – Lise Dest -25/06/07

Lady Day

Billie Holiday
(née Eleanora Fagan) à Baltimore
le 7 avril 1915 – mourut à New York, 17 juillet 1959

Chanteuse de jazz américaine.
C’est Lester Young, le plus fidèle de ses compagnons,qui invente pour elle ce nom de lumière: »Lady Day ».
Bien que moins populaire que ses contemporaines
Sarah Vaughan ou Ella Fitzgerald, Lady Day,
a toujours séduit un public d’amateurs, et est considérée comme l’une des plus grandes divas que le jazz a connu.
Sa voix unique, rocailleuse et lyrique à la fois,
portait les stigmates d’une vie douloureuse.
Marquée par ses souffrances, excessive, fragile,
Billie trouva dans le chant le peu de paix et de liberté qui lui était promis, avant sa mort prématurée à quarante-quatre ans.

de « La Callas du blues » à « La Diva du jazz », Alain Gerber dit qu’elle fait voir le ciel et l’enfer, l’ombre et la lumière de nos âmes…

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Jazz

La Corrida….Francis Cabrel

Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J’entends qu’on s’amuse et qu’on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu’un a touché le verrou
Et j’ai plongé vers le grand jour
J’ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour

Dans les premiers moments
j’ai cru Qu’il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule

Je vais bien finir par l’avoir
Cette danseuse ridicule…

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?

Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant Ce pantin, ce minus !
Je vais l’attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil
Ce soir la femme du torero Dormira sur ses deux oreilles

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?

J’en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou Pour que je m’incline
Ils sortent d’où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?

J’ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C’est fou comme ça peut faire du bien
J’ai prié pour que s’arrête
Andalousie je me souviens
Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe

Je pensais pas qu’on puisse autant
S’amuser autour d’une tombe

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre Baila, baila
Hay que bailar de nuevo Y mataremos otros Otras vidas,
otros toros Y mataremos otros Venga, venga a bailar…
Y mataremos otros

Francis Cabrel