Me laisser vivre / Victor Hugo

014J’ai tracé ton nom sur la dune
La vague de la haute mer l’effacera mais
Ce que rien n’effacera
C’est l’amour que ton Père a pour toi
Léopoldine…
Il est temps que je me repose
Je suis terrassé par le sort
Ne me parlez pas d’autre chose
Que des ténèbres ou l’on dort !
Que veut-on que je recommence ?
Je ne demande désormais
A la création immense
Qu’un peu de silence et de paix…
Pourquoi m’appelez vous encore
J’ai fait ma tâche et mon devoir
Qui travaillait avant l’aurore
Peut s’en aller avant le soir
Vous savez que je désespère
Que ma force en vain se défend
Et que je souffre comme un père
Moi qui souffris tant comme enfant…
Si ce Dieu n’ a pas voulu clore
L’Å“uvre qu’il me fit commencer
S’il veut que je travaille encore
Il n’avait qu’à me laisser…
Il n’avait qu’a me laisser vivre
Avec ma fille à mes côtés
Dans cette extase où je m’enivre
De mystérieuses clartés.
Peut-être livide et pâlie
Dit-elle dans son lit étroit
Est-ce que mon père m’oublie
Et n’est plus là que j’ai si froid
Vous vous voulez que dans la mêlée
Je rentre ardent parmi les forts
Les yeux à la voûte étoilée
Oh l’herbe épaisse où sont les morts.
Il n’avait qu’à me laisser vivre
Avec ma fille à mes côtés
Victor Hugo

Paris mon chéri/Marc Lavoine -Souad Massi

« Mon Paris chéri . Paris Je marche dans tes rues Qui me marchent sur les pieds Je bois dans tes cafés Je traîne dans tes métros  Tes trottoirs m’aiment un peu trop Je rêve dans tes bistrots Je m’assoie sur tes bancs Je regarde tes monuments Je trinque à la santé de tes amants Je laisse couler ta seine Sous tes ponts ta rengaine Toujours après la peine Je pleure dans tes taxis Quand tu brilles sous la pluie C’que t’es belle en pleine nuit Je pisse dans tes caniveaux C’est d’la faute à  Hugo Et j’picolle en argot Je dors dans tes hôtels J’adore ta tour Eiffel Au moins elle, elle est fidèle Quand j’te quitte un peu loin Tu ressembles au chagrin m’fait un mal de chien Paris Paris combien Paris tout c’que tu veux Boul’vard des bouleversés Paris tu m’as renversé Paris tu m’as laissé Paris Paris combien Paris tout c’que tu veux Paris Paris tenu Paris Paris perdu Paris tu m’as laissé Sur ton pavé J’me réveille dans tes bras Sur tes quais y a d’la joie Et des loups dans tes bois J’me glisse dans tes cinés J’me perds dans ton quartier Je m’y retrouverai jamais Je nage au fil de tes gares Et mon regard s’égare J’vois passer des cafards sur tes bars J’m’accroche aux reverbereTes pigeons manquent pas d’air Et moi de quoi j’ai l’air Paris Paris combien Paris tout c’que tu veux Boul’vard des bouleversés Paris tu m’as renversé  Paris tu m’as laissé  Paris Paris combien Paris tout c’que tu veux Paris Paris tenu Paris Paris perdu Paris tu m’as laissé Sur ton pavé Je marche dans tes rues Qui me marchent sur les pieds Je bois dans tes cafés Je traîne ne dans tes métros  Tes trottoirs m’aiment un peu trop Je reve  dans tes bistrots ma ville, courage… » Marc Lavoine et Sourd Massi Continuer la lecture de « Paris mon chéri/Marc Lavoine -Souad Massi »

Dis quand reviendras tu ?

… »Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m’as dit cette fois, c’est le dernier voyage,
Pour nos cÅ“urs déchirés, c’est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris »…

Barbara

Cora Vaucaire

Cora Vaucaire
Délicate dame de Saint Germain des prés s’est envolée avec l’été..
La disparition de Cora Vaucaire est restée discrète
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Créatrice avant Montand de la chanson de Prévert et Kosma «Les Feuilles mortes» (enregistrée en 1948), elle défendait ce qu’elle appelait, «l’esprit français des textes qui expriment souvent la joie de vivre et toujours des sentiments forts».

Trois fois couronnée par l’Académie Charles Cros, elle immortalisa notamment «La Complainte de la Butte» qu’elle interprète dans le film de Renoir «French cancan» en 1955 et «Trois petites notes de musique» dans celui de Colpi, «Une aussi longue absence» en 1960.

Silhouette menue, le sourire éclatant, la voix claire et la diction parfaite, Cora Vaucaire – qui a débuté au théâtre – chantait en comédienne, ciselait chaque chanson en une petite pièce de trois ou quatre minutes, l’interprétant avec charme, émotion et sincérité.

Son répertoire sans concessions, se composait de chansons oubliées du Moyen-Age («La complainte du Roy Renaud»), de succès de la Belle Epoque (ceux d’Yvette Guilbert), de textes de poètes (Appollinaire, Carco, Aragon), ou d’autres interprètes comme Maurice Fanon ou Jacques Debronckart, qu’elle appréciait particulièrement

Source : Liberation

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Un ouvrage : Martin Pénet, producteur à France Musique et historien de la chanson, a réalisé cette autobiographie à deux voix.

Sur mon cou / Jean Genet

Sur mon cou, sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et plus grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.
Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.
Ô traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

Extrait de : Le Condamné à mort et autres Poèmes (Poésies/Gallimard, 1999)

Retour aux mots sauvages / Thierry Beinstingel

Un samedi sur France Culture …

« jeux d’épreuves » Samedi 30 àctobre 2010 – France Culture

Alain Veinstein reçoit Thierry Beinstingel pour son roman
« Retour aux mots sauvages » – (Fayard)

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Vous ne verrez jamais son visage. Vous ne connaîtrez même pas son prénom, puisque son entreprise lui en a donné un autre. Il est le téléopérateur qui finit par vous répondre après que vous avez dû appuyer successivement sur la touche étoile, trois, six, dièse puis de nouveau étoile. «Éric à votre service.» Éric ? Inutile de vous en souvenir. Lors de votre prochain appel, vous tomberez sur John, George, Paul ou Ringo.

Une série de suicides dans l’entreprise rappelle que les employés ne sont pas des machines. Sur le plateau de téléphonie, Éric et ses collègues s’interrogent. Certains prophétisent la révolution. D’autres songent avec compassion aux familles des disparus. D’autres encore font l’inventaire de tout ce qui, même ici, maintient en vie l’idée d’humanité.

Éric, lui, décide simplement de transgresser les consignes : un jour il rappelle un client de sa propre initiative…

Face aux mots qui défilent sur un prompteur, ceux que l’univers économique tente de maîtriser, l’homme au travail doit puiser dans sa langue maternelle sa capacité de résistance. Et ce retour aux mots sauvages est peut-être le début de la littérature.

Après Central, Composants et CV roman, Thierry Beinstingel continue d’explorer le monde de l’entreprise dans ce nouveau roman.

– 4e de couverture –

Faut Vivre / Mouloudji / Vian

519Q87ZWKOL._SL60_Cliquez sur le lien
pour entendre ce texte de Boris Vian et ,magnifique la voix
de Mouloudji qui nous prend le coeur et la main pour…Vivre

FAUT VIVRE / MOULOUDJI
http://www.youtube.com/watch?v=Yh4WNJlS1Ss

(et si le lien ne fonctionne pas retrouvez « Faut vivre » sur youtube )

Il y a peu être 150 millions de galaxies
contenant chacune 120, 150 millions d’étoiles…
A des centaines de milliers d’années lumières…
Il y a des centaines d’autres galaxies
contenant encore des milliards d’étoiles…
Poussière dans un Sahara d’étoiles…

malgré les grands yeux du néant
c’est pour mieux nous manger enfant
et les silences et les boucans…
faut vivre…
bien qu’aveugles sur fond de nuit
entre les gouffres infinis
des milliards d’étoiles qui rient…
faut vivre…
malgré qu’on soit pas toujours beau
et que l’on ait plus ses seize ans
et sur l’espoir un chèque en blanc
faut vivre…
malgré le cœur qui perd le nord
au vent d’amour qui souffle encore
et qui parfois encore nous grise
faut vivre…
malgré qu’on ait pas de génie
n’est pas Rimbaud qui peu pardi
et qu’on se cherche un alibi
malgré tous nos morts en goguette
qui errent dans les rues de nos têtes
faut vivre…
malgré qu’on soit brave et salaud
qu’on est des complexes à gogo
et qu’on les aime c’est ça le pire
faut vivre…

malgré l’idéal du jeune temps
qui c’est usé au nerf du temps
et par d’autre repris en chantant
faut vivre…
malgré qu’en s’tournant vers l’passé
on est effrayé de s’avouer
qu’on a tout de même un peu changer
faut vivre…
malgré qu’on soit du même voyage
qu’on vive en fou, qu’on vive en sage
tout finira dans un naufrage
faut vivre…
malgré qu’au ciel de nos poitrines
en nous sentinelle endormie
dans un bruit d’usine gémit
le cœur aveugle qui funambule
sur le fil du présent qui fuit
faut vivre…
malgré qu’en nous un enfant mort
parfois si peu sourit encore
comme un vieux rêve qui agonise
faut vivre…
malgré qu’on soit dans l’engrenage
des notaires et des héritages
ou le cÅ“ur s’écÅ“ure et s’enlise
faut vivre…
malgré qu’on fasse de l’humour noir
sur l’amour qui nous en fera voir
jusqu’à ce qu’il nous dise au revoir
faut vivre…
malgré qu’à tous les horizons
comme un point d’interrogation
la mort nous regarde d’un Å“il ivre
faut vivre…
malgré tous nos serments d’amour
tous nos mensonges jour après jour
et bien que l’on ait qu’une vie
une seule pour l’éternité
malgré qu’on la sache ratée….
Faut vivre…