Vos gestes me blessent

lise bichroimage-Lise dest par Lisedest

Vos gestes me blessent, vos mains me parcourent et s’emportent je vous sens m’envahir, et graver sur le bord de mes lèvres vos messages insolents, confidences omniprésentes.
Notre bal mortel a commencé…
L’indécence de votre désir : goutte à goutte lent et froid, rythme des aveux singuliers,
mes veines lâchent, vos espoirs me plaquent au murs, je sens mon corps s’effondrer sous la force de vos caresses.
Vous êtes glacé mon amour ! venez chauffer le bout de vos doigts, coussins de chat! je vous confie ma tiédeur, aussitôt votre petit cœur de caméléon se glisse comme un hussard au plus loin de ma chaleur, de mes couleurs.
Je vous attends, vous interroge, ce soir, ni verbe ni mot, croiser votre regard ardent et lumineux, étreindre la nuit qui portera votre voix. Vous êtes mon aube rare, mon jeu de miroir.
Vous espérez des cris, et des sursauts, ce soir, je vous offre mes plus grands silences, à vous mon plaisir muet.
Vous m’étoufferez pour me faire crier, la glace et le sel pour m’obliger à hurler, j’avalerai mon extase pour en inonder votre bouche et vos mains cette nuit n’aura qu’un cri: le votre; supplique magnifique! souffrance aiguë, incommensurable jouissance du plaisir annoncé, consommé, certitude déclarée fondue dans les nimbes de mon «absence». Votre rage, hôte de ma de jouissance, vacillera contre mes jambes que vous aimez si blanches, lianes sinueuses dans le terreau de votre corps.
Vos draps noirs, sont comme le sang qui me parcourt et me pare, l’orchidée sombre, s’attarde mi ouverte, demi éclose dans l’écueil de vos mains de centaure, vous aimez en froisser chaque pétale, vous assurer de mon obéissance, vous pourriez en presser l’infini breuvage maintenant, mais vous choisissez l’attente, vrai plaisir, ultime grâce des corps qui se sculptent l’un l’autre dans le manque.
Dans l’ombre : vos yeux, gouffres de fantasmes ! pillent chacun de mes délires …
Sous les grammes de mes soies votre souffle, me coupe de la nuit. Propulsé vers d’autres lumières, plurielles et cadencées, mon corps sans parole cherche un enchevêtrement définitif, une apnée magique.
Vous investissez mes reins comme le banc d’une église repos d’un ange avant l’attaque du guerrier!
Nous nous attendons, nous détachons, Rodin, Henner, Fromentin, nous guettent, les murs résonnent de l’improbable mélange des pastels, des sanguines, et de vos bras, passagers clandestins de mon corps nacré. Coquillage pour collectionneur d’algues et d’étoiles abandonnées, cadeaux d’un corps à cœur aux moissonneurs des grandes marées.
Qui connaît mieux qu’un pêcheur de hasard, la couleur des yeux des femmes coquillages ? couleur du néant, couleur de celles qui le regarde.
Le temps emprisonne les nuits d’amour, comme les larmes grenat de ceux qui préfèrent les ponts ou les rames glacées d’un quelconque métro…
Vos mains me touchent, vos mains me baignent et me douchent au milieu du plus désastreux vacarme organisé sur la planète, l’espoir de notre nuit se joue dans un écrin de douceur et de douleur, prenez moi dans vos bras c’est là que j’ai envie de voyager!
Votre peau sent le vent et l’orage, faites de la mienne, l’empreinte sombre de votre linceul, puisque mon amour nous partageons la même peur : la puanteur de la mort!
Plantés dans le corps l’un de l’autre, votre iris catalan, uni au de sang de ma vie qui fut bleu en son temps! se fige, vers l’obsédante image du dernier voyage, danse ultime, assaut final incontrôlable, le vent et le feu à en crever.
Vos mains se font plus rudes, violentes et fortes, m’arracher de votre corps me tuerait , je me laisse porter par votre peur et son étreinte, seul espoir d’une éternité contrainte.
Etendus, dans le silence d’une fusion insolite, vous me déchirez pour que le temps n’existe plus, pourquoi me rappeler à l’ordre ? votre désir m’inonde, la charge glacée de votre effort me propulse, à en perdre l’esprit, mon maître m’emporte vers la mort, loin dans le tourbillon de ses yeux de jais.
Souvenez-vous de “la tentation de St Antoine” de Gérôme Bosch,
envolons nous, loin de la vie sur le poisson géant de ce triptyque de perfection et d’hérésie.
La mort n’a plus d’odeur mon cœur, mon amour, ma douceur, vous aimez mon parfum depuis si longtemps, aujourd’hui voulez-vous vraiment en connaître le nom ?
Serrez-vous contre moi, et parcourons enfin sur notre animal ce monde qui nous exaspère.

lise dest /2004

Hooper

Hopper, Peintre américain, mort en 1967
Edward Hopper est le peintre de la réalité et de la mythologie américaines,
mais il est aussi le peintre de la solitude et de l’introspection.
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Germaine Tailleferre

Amie d’enfance de Jean Tardieu , Germaine Tailleferre est née un 19 avril !

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« Une Marie Laurencin pour l’oreille », c’est ainsi que Jean Cocteau parlait de Germaine Tailleferre, l’unique femme du célèbre Groupe des Six (en compagnie de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud et Francis Poulenc). Cette formule qui veut établir une correspondance entre les aquarelles décoratives de Laurencin et la musique de Tailleferre, pour sympathique qu’elle était, n’était pas très appropriée. Naïveté, fraicheur, féminité, ces qualités ont été associées à Tailleferre dès son arrivée au Groupe des Six ; mais au jeu de la comparaison, c’est bien plus à la fauve Sonia Delaunay que l’on associera la musique de Tailleferre qu’à la douce Laurencin tant on trouve dans toute une partie de son Å“uvre une authentique vigueur parfois teintée, malgré des harmonies d’une grande sensualité, d’une très inattendue austérité.
On a trop longtemps considéré que l’Å“uvre de Tailleferre se réduisait à une série d’Å“uvres charmantes pour le piano composées dans l’Entre-deux-guerres et que sa carrière de compositrice s’achevait à la Seconde Guerre mondiale. C’était ignorer ou oublier qu’en dehors de ces piècettes, elle composa surtout des Å“uvres de musique de chambre, des mélodies, deux concertos pour piano, trois études pour piano et orchestre, un concerto pour violon, son remarquable voire imposant Concerto grosso pour deux pianos, huit voix solistes, quatuor de saxophones et orchestre, quatre ballets, quatre opéras, deux opérettes, sans compter de nombreuses autres Å“uvres pour petits ensembles ou grand orchestre tel cet étonnant Concerto pour deux guitares et orchestre récemment retrouvé et enregistré en 2004 en Allemagne par Chris Bilobram et Christina Altmann. La plupart de ces Å“uvres majeures furent écrites entre 1945 et sa mort en 1983. Jusqu’à un passé récent, une énorme partie de son Å“uvre restait inédite. Ce n’est que récemment que l’on a pu mesurer son ampleur et commencer à lui donner ou lui rendre la place qu’elle mérite .

« source :Wikipedia »

et n’hesitez pas a vous connecter sur le site d’ Orlando de Ruder en lien sur mon blog vous en saurez bien plus sur cette Dame

Roda-Gil l’anarchiste!

Anarchiste , Etienne Roda Gil participa souvent aux manifestations de la Confédération Nationale du Travail.
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Les ouvrages d’Étienne Roda-Gil sont emprunts d’une révolte, les textes qu’Etienne avait écrits pour Julien, bien avant  « Utile », témoignent de son désir d’être le témoin des injustices de ce monde, de l’absurdité des guerres.

« London Derry » Le 30 janvier 1972, des manifestants pacifistes du Mouvement pour Les Droits Civiques nord-irlandais de London Derry furent victimes de l’armée qui tira sans discrimination sur la foule (Bloody Sunday) « dimanche sanglant ». Ce jour-là marque le début de la radicalisation du conflit nord-irlandais qui a fait, à ce jour, 3000 morts.
« dans une langue désespérée,
il était question de chiens et d’Anglais on dit qu’ils sont catholiques
courageux et alcooliques,mais leurs enfants mêmes les plus petits
savent se servir d’un fusil « 

 « Propos d’infanterie » L’auteur Pierre Mac Orlan était correspondant de guerre pendant la Grande Guerre (1914-1918). Il semble probable qu’Etienne Roda-Gil a été inspiré par ce livre, en écrivant la chanson : POISSON MORTS
extrait de l’ouvrage de PM Orlan:
Nous traversâmes la Moselle. Ses eaux vertes roulaient une multitude de poissons qui, le ventre en l’air, suivaient le cours de la rivière. (…) Nous ne connaissions pas encore la grenade et ses applications pour la pêche. L’avis que les Allemands avaient empoisonné les eaux de la Moselle prévalut donc faute de mieux. »
Dans la chanson « Poissons morts », Étienne insiste sur le fait qu’on pourrait vivre ensemble en paix, mais les hommes inventent des divisions économiques, ethniques ou religieuses qui donnent naissance aux guerres:

« Les hommes jettent des barrières; Toujours entre eux et le bonheur »

Poissons morts
Texte E.Roda Gil musique Julien Clerc

Qui descendez le cours des fleuves
Poissons morts
Allez donc dire à mon amour
Que je cherche pour elle des fleurs
Que je cherche pour elle des fleurs
Des fleurs

Poissons morts
Bien sûr j’ai franchi la frontière
Poissons morts
Les hommes jettent des barrières
Toujours entre eux et le bonheur
Et le bonheur
Poissons morts
Allez donc dire aux moissonneuses
Poissons morts
Que la graisse de mitrailleuse
N’est pas la brillantine des dieux
N’est pas la brillantine des dieux
De Dieu

Poissons morts
Qui descendez cette rivière
Poissons morts
Allez donc dire à mon amour
Que je me perds en longs discours
Méchants discours…

Etienne Roda Gil : Biblio.

Ibertao : roman. – Stock, 1995. – 141 p. – ISBN 2-234-04434-0.

Mala Pata. – Éditions du Seuil, 1992. – 141 p. – ISBN 2-02-014641-X.malapata

libertairecerdLa Porte marine : roman. – Éditions du Seuil, 1981. – 156 p. – ISBN 2-02-005791-3.

Termin̩ : roman. РVerticales, 2000. Р188 p. РISBN 2-84335-054-9.

Paroles libertaires. РRecueillies et pr̩sent̩es par Etienne Roda-Gil ; images de Ricardo Mosner. РA. Michel, 1999. Р64 p. РCollection : Paroles. РISBN 2-226-10138-1.

Heymann, Danièle ; Roda-Gil, Étienne ; Rioux, Lucien. – Julien Clerc. – P. Seghers, 1971. – 172 p.

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La bio consacrée a Etienne Roda Gil
En 2005 un livre sort « Ã‰tienne Roda-Gil, l
« le Maître enchanteur »
,
par Philippe Crocq et Alain-Guy Aknin,
aux éditions Flammarion.
Ils retracent la vie de l’auteur, de l’homme, illustrée par de belles photos, notamment de lui et son épouse Nadine artiste peintre, et de sa fille Luisa-Alma qu’il eut longtemps aprés le décès de sa femmme.
Luisa Alma « la petite » qui boulversa la vie d’Etienne.

etienne Roda Gil : Biblio.

 » Dis moi si tu sais comment
consoler vraiment
tous ceux qui t’aimaient?
Dis reviens tu parfois dans ce parc sans moi
tout comme autrefois…. »
l’éléphant est déjà vieux Et.Roda Gil

Nicolas de Stael

Un des artistes les plus influents européens de la période de l’après-guerre

« L’individu que je suis est fait de toutes les impressions reçues du monde extérieur depuis et avant ma naissance. » Nicolas de Stael 1951
nicolas de stael
« …J’avoue faire mal la part de l’inconscient surtout lorsque la raison sert de filtre un jour, alors que le lendemain elle propulse toutes les saletés que nous lui croyons le devoir d’arrêter. Il m’est très difficile de saisir la vérité : c’est plus compliqué et plus simple que nous le pensons, et Dieu sait si toute cette aventure arrive à un pauvre homme, mais je voudrai vous répéter à quel point je crois que lorsque tous les éléments sont là, choix déterminé, attitude passive, volonté d’organiser ordre et chaos, toutes les exigences, toutes les possibilités, pauvreté et idéal, dans les meilleurs tableaux, tout se passe de telle façon qu’on a l’impression de n’avoir même pas son mot à dire (…)Au sujet de l’instinct, nous devons avoir des notions différentes, pour moi l’instinct est de perfection inconsciente et mes tableaux vivent d’imperfection consciente ».
(Lettre au collectionneur Jean Adrian 1945.)

stael peinture
midi

“…la pâte nous semble le schème du matérialisme vraiment intime où la forme est évincée, effacée, dissoute. La pâte pose donc les problèmes du matérialisme sous des formes élémentaires puisqu’elle débarrasse notre intuition du souci des formes. La pâte donne une expérience première de la matière.” (Gaston Bachelard)

Aristocrate, apatride et orphelin, de Staël se tourne très tôt vers la peinture. Il suit les cours de l’Académie royale de Bruxelles en 1932, accumule les voyages en Europe, habité de sa seule folie
« la peinture »
Fou orgueilleux et génial qui masquait tant de failles sous des rires insolents, parade aux blessures d’une enfance brisée par la révolution russe de 1917.
Arrivé en France en 1938; il étudie la peinture auprès de Fernand Léger.
En 1941 il s’installe à Nice où il exécute des toiles dont le réalisme dramatique exprime sa vie misérable et son caractère inquiet.
« Ange » en perpétuelle détresse, empli de violence et de drames.
Sa rencontre avec Braque, en 1943 est déterminante, travaillant sans relâche, il découvre les rythmes simples de la nature et à pénètre l’essence même du réel jusqu’à l’épure, ce qui le conduit
progressivement à l’abstraction.
Nicolas de Staël abandonne délibérément la peinture figurative après 1942, au profit d’une expression libre des valeurs chromatiques.
1943, installation à Paris, de Staël y mène une vie de misère, se consacre entièrement à la peinture abstraite
Les formes géométriques, traits épais noirs qui les cernent ne semblent en rien étrangers à l’art d’Alberto Magnelli ; L’influence de ce dernier a sans doute amené le peintre russe à s’orienter vers l’abstraction.
La personnalité de, de Staël explose dans sa palette de tons sourds qui révèle l’exceptionnel talent de coloriste même le noir était lumière, et la texture unique de ses toiles ont exploré des lignes de force inédites.
Staël, refuse de déguiser son émotion, et va bientôt l’assumer totalement en toute liberté. Peintre aux méthodes de sculpteur, pâte rugueuse et charnelle qui s’étire, se dilue, se fait opaline.
Dès 1952 il peint quelques-unes de ses meilleures toiles : Les Toits, Les footballeurs, Les Musiciens (1052), Les Bouteilles dans l’atelier, Grand nu orange (1953)…

les musiciensles mouettes

Si la matière est bien au cœur de la problématique « Staëlienne », elle est une préoccupation commune aux peintres des années 50, de Dubuffet à Soulages, dont certains furent regroupés sous le nom d’Ecole de Paris. Pâtes stratifiées de Poliakoff, matières tourbillonnantes de Messagier, stries et grumeaux martelés chez Lanskoy (Russe comme de Staël), pâtes épaisses, et rainurées de Fautrier : “La notion même de matière, disait Bachelard, est, croyons-nous, étroitement solidaire de la notion de pâte” (L’Eau et les Rêves).


Nicolas de Staël se tue en se jetant par la fenêtre de son atelier le 14 Mars 1955.
Sa formule de vie « Travailler beaucoup, avec une tonne de passion et cent grammes de patience »


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