D’hier

De nos regards croisés, un soir d’été, s’agite une tresse magique de silences et de secrets. Au puit de mes paumes tu as déposé des mots et des pages, rien de ce qui a été lu ne me quittera.
Dans mon hacienda, blottie contre le « visage d’un Turc en pleurs » c’est un poignard que tu as planté dans ce qui me restait de coeur, une lame par toi plongée dans le miel, le feu, le meltem et le sel brûlants.
Voyageuse insolente, marée haute à en crever, c’est une déferlante incontrôlable qui casse les digues de la raison, vague qui m’enchaîne et m’entraîne au profond d’un gouffre inconnu : Le plaisir de cette écriture envoûtée.
L’Art a tout prix, au flot de ton sang jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’écoeurement
Noisette et jade mélangés, la couleur de tes yeux envahie les carnets et le clavier
où tes gégouts ont fini par faire alliance avec tes goùts.

Écrire pour être publié… Toujours la même croisade entre toi et l’attente.

Lise Dest

* Visage d’un Turc en pleurs – Marc Edouard Nabe
Gallimard – l’Infini

Site de Marc edouard Nabe : alainzannini.com

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