Du phare

Du phare
J’ai gardé l’odeur et là chaleur
La lumière cavalière de la nuit
Chère aux humeurs palatines
Des phalènes légères et marines

Des vagues qui cassent le matin
Fidèle aux marins sans abri
J’ai aimé le fracas et les promesses

Oui
J’ai rêvé souvent les nuits
De belles et terrifiantes tempêtes
De ces nuits parfaites aux songes
Des gardiens d’océans
De ces nuits
Ou la mer se fait catin et provoque le ciel
D’embarquer et atteindre
Une terre insoumise, l’île déserte

De la vie, j’ai oublié les mots
Seul le vent salé a gravé
Sur la grand voile du temps
Les promesses et les adieux

Certes, j’ai en vain attendu la vague
Qui par le fond m’éloignerait de la terre

Des mots du monde
Je n’ai gardé que la lumière
Aux étoiles sablier de tous mes instants
J’ai réchauffé de quelques prières
Ce qui restait d’homme en moi

Du hasard, je n’ai rien espéré
Aux marées d’été
Abandonné éperdument
Mon dernier soupir, larguer l’ultime filet

Un jour la vague convoitée
Franchi le chaos sans drame
Et là ou tu m’as donné
L’éternité, en caresses
Le compas harponneur des grands fonds
Sur la carte n’indiqua alors plus
Qu’une seule et unique direction
Celle de ton cœur.

Lise dest / 2009

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