Il est arrivé, timidement triomphant l’air à peine étonné que la rencontre ait lieu, elle, elle savait qu’il s’en fallait de bien peu pour que le passage demeure clos… Un chasseur, des biches, tout ceci ne pouvait être propice aux préliminaires d’une caressante complainte pour une louve sous la voûte ensoleillée de sa petite capitale !
Gare du nord ; elle est glacée de peur, et s’il n’était plus celui de la première rencontre, et oui tout en elle bat comme à 20 ans !!
Pourtant le temps est passé par là ! mille et un détour pour confirmer affirmer les indéfinissables frissonnements de l’attente et de l’échec. Pourtant elle est là, elle y croit, elle se le doit, elle se l’autorise.
Cette gare, ce lieu bruyant pour elle chargé de mille tourments, elle se devait de franchir le pas, sinon la mort l’emporterait à jamais, et à l’inverse de Lucia Muir jamais le capitaine Daniel ne viendrait lui prendre la main, avant de partir vers cet ailleurs bénit.
Sous le panneau des arrivées, elle guette le train en provenance de Creil via Chantilly. Les numéros s’agitent, les destinations s’interposent, sans cesser de jeter de furtifs regards sur l’étiquetage des horaires, une buée légère envahit son visage, encore 11 minutes ! et la rencontre se fera, elle est là avec sa bouille d’ange au bord du quai, qui quelques mois auparavant lui aurait fait les yeux doux, rames accueillantes , âmes accueillies avec complaisance…Ce soir d’automne le froid glacial, froid de loup ou de canard ! commençait à la ramener vers le monde des vivants.
Encore 5 minutes, le temps d’acheter la presse, ARAFAT est mort
A la une de chaque quotidien, action machinale à peine acheté le journal en trois plié, et glissé dans le sac, prétexte à l’attente !
Voie 12 ! elle aperçoit de loin ce train chargé de mystères et d’espoirs, certains possèdent ingénument la faculté de légèreté qui à elle lui échappait complètement, ça lui faisait mal là ou chacun éprouve du plaisir, le cœur n’en finissait pas de s’agiter elle commençait par le prendre en pitié ce pauvre organe dévasté !

Rester en tête de quai ou avancer ? avancer ! elle se le devait encore une fois, parce qu’il n’était pas trop tard elle venait finalement de s’en rendre compte, à l’instant même où le train se posait en gare.
D’une démarche finement chaloupée, elle avance, glisse vers lui, seul à marcher doucement ! au milieu de ceux qui se pressent et se heurtent, lui, démarche de patineur, une sorte de pas à la Fonda, légers balancements de tête, il est là face à elle il n’y a plus rien que le bruit sourd de cœurs étonnés, les bras se trouvent instantanément, les regards sont déjà perdus, les visages se rapprochent avec pudeur et envie.
Elle peut enfin bouger ! elle se le devait, elle se l’ai autorisé, une autre saison pouvait s’annoncer, comme des fiançailles entre le début et la fin de l’année.

Timidement triomphant l’air à peine étonné que la rencontre ai eu lieu, l’écrivain l’accompagnerait quelques jours dans son abri de louve rousse, sous les lumières qui déjà couvaient Paris et la rencontre.

Anna Lisa




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