Venise souviens toi d’elle

Sur les ombres à l’envers
poignée de fruits rouges
jetée sur le plateau
Comme jeu de maux
en plein été
Amoureuse et cruelle
Venise souviens-toi d’elle…
Sous le masque rien de bohème
Sur l’épaule un ange entravé,
aux dernières enchères volé.

Elle naît au silence
pue la solitude, le chagrin
Les ombres sans pitié
accrochent ses seins,
pour divertir le soleil qui vient
Déesse et païenne
elle se donne seule le baptême
Fer rouge à la main
Venise souviens-toi d’elle…
Sur les bords de la lagune
Elle pose draps et bas de soie
Amoureuse et cruelle
elle vole tout ce qu’elle ne peut
donner.

Sans raison donnée
Balance un ultime requiem
de larmes et de respirations salées
elle pardonne en tourbillon
Déraisonne face au soleil
se damne dans l’obscurité
Dessous de lune
Fleur sur le canal
Elle tangue comme voilier
en pleine été danse sur l’eau souillée.

Aux ombres totems
poignée de fruits rouges écrasée
Comme dès sur le plateau
Comme jeu de peaux
Amoureuse et cruelle
Venise souviens-toi d’elle…

Lise de Saint Thibault – Lise Dest -25/06/07

4 réflexions au sujet de « Venise souviens toi d’elle »

  1. A la seconde lecture : haché, desespéré et avec un appel au secours, mais très féminin quand même (je veux parler de ce que j’appelle l’intangible courage féminin poétique).

    Mikel Benoit

  2. je redecouvre votre texte, d’une extreme sensualité
    il y a autant de desespoir que de force de vie, vous êtes a vous seule cette Venise, et cette femme meutrie défiante et vivante

    continuez a nous abreuver de vos mots

    a vous

    Philippe S

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *