Etienne Roda Gil, un soir et, toujours

rodagilIl y a sept ans maintenant, un jeudi soir cruel, Etienne Roda Gil se faisait la belle, et rejoignait la sienne.
Que sommes nous devenus tous éparpillés, envolés au soir de son départ.
Qui sommes nous donc devenus ?

Autour du Panthéon plus personne, le Terra Nova a tant changé , nous y avions diner seuls si souvent, à l abris, y avions tant parlé.

Lui y a tant écrit , pourtant rien ne dit, rien ne raconte, rien ne suppose, que cet ogre affublé du t-shirt peint à  l effigie de sa blonde éternelle le Terra Nova a accompagné les dernières soirées, déjeuner, diners, avant l extrême errance de la Closerie aux trottoirs fatigués eux aussi par tant de chagrin.

Au 8 du numéro de la rue, les volets de la chambre désormais clos, un verre dépoli sur la vitre cache a jamais le salon et la vie d avant. L’étendard du Che a disparu, plus de café  sur la table, encore moins de glaçon  fondu en mal de whisky.

Peu a peu La Closerie, oublie , elle aussi, lentement, lentement.

C’est peut être ça la vie.

Lise Dest

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