GANTANAMO GUETTO
«… Même arraché de sa monture, l’homme doit se détruire lui- même avant que les autres ne le détruisent… Le diamant ne doit pas mourir sous l’avalanche »
Ezra Pound- Cantos Pisans
Guantanamo,
Ô chant moite, syllabes des noms du bout du monde, mirage drapé d’un soleil pour iguanes…
Guantanamo la belle accueille ses hôtes : silhouettes soumises, envolées de Kandahar pour la base cubaine, dernière escale pour 288 hommes hors champs, prisonniers de guerre, sans droits , des États-Unis.
En terre de Guantanamo, la putain de Bush ouvre ses bras d’amante forgés de fer, au naufrage des militants probables d’Al-Quaïda.
Autour des cages de Guantanamo ! ni plainte, ni cri, seule et impériale : la « peine neutre » !, substitue aux harcèlements des face-à-face ; qui trop légers encore dans l’horreur, des mutilations des obsessions sanglantes de ce que l’homme peut dévoiler de bestiale pour quelques aveux volés a l’histoire ; et qui de tristes mémoires hantent les chants des malmenés pour l’éternité.
La « peine neutre » nouveau et inconcevable concept, peine de silence et de mort lente, sans juge et avec parties…
Guantanamo, pénitence conceptuelle réservée en son temps aux prisonniers de Louis XI, à Cervantès, ou Ezra Pound, nasse de fer pour hérétiques, poètes, et terroristes. Non pas qu’il faille accorder là, une quelconque idée d’un extrême et incertain romantisme, illusoire cache-cache idéologique, des temps modernes.
Crime a été commis et crime demeure ; Mais au nom de quel appel ? de quel cours ? un homme vivant ne serait plus homme à être jugé aux fronts de la réalité des droits arrachés et combattus.
Guantanamo ! unique réponse de G.W Bush à l’effondrement et la mortification voulus, à l’écrasement permanent, aux mensonges et aux oublis qui fracturent les peuples assassinés en toutes impunités, avec la Grâce de dieu du père et des états réunis !! : «Guantanamo ghetto»
La recette préférée de ces états pitoyables et maîtres de ce que l’on appelle « le monde » s’en régalent !! sur les conseils prodigués par Bush en parfait cuisinier du désordre planétaire
1) Choisir de préférence …un fruit du soleil !, appuyer lorsqu’il est fin mûr, y planter une dernière pointe de force, le laisser exploser, le regarder s’éparpiller entre peur et haine, il ne sait pas encore choisir.
Observer la mort qui vient, hurlante sur la pâte gonflée prête a être consommée.
Sonne alors le minuteur de la terreur, le droit d’attaquer a pleine-dents ce désastre…Savamment fabriqué.
Trou noir, JT du soir, commentaires étales et descriptifs écœurants.
Transport des talibans, corps en service continu, déplacement sur civières, une nouvelle nuit des garrottés, mains liées, chevilles entravées. Au milieu de ce cataclysme obscène, en suspens sur les ruines d’une conscience qui chavire, parvient alors en échos, le son de gorge à peine sec ! de Donald Rumsfeld. « Aucun prisonnier n’a été torturé » ! De quelle torture nous parle t-on ? trop de sangs mêlés aux pays des mirages, pour ignorer les nuances de ce mot, la barbarie est annoncée clairement avec la sauvagerie indécente de toute une vérité à la hauteur de la forfaiture quotidienne de ce bout de monde dont seule l’histoire est faite par ceux là mêmes, que ces dirigeants pillent sans honte.
Que ditons aux enfants lorsqu’ils cherchent bagarre ? tu n’as que ce que tu mérites !
OUI, pleurer sur les innocents des twins-towers, mais ne devrions-nous pas faire en sorte que ce torrent de larmes inonde le harcèlement fait, bien plus loin de nous encore, qu’au cœur de cette « vielle pomme » dont nous nous sentons proche, mais New York n’est pas les Etats Unis d’Amériques, pas plus que l’Afganistan, l’Irak, le Soudan ou les petits peuples enchaînés, aux droits secrets, et barbares de nos consciences perdues ; ne représentent le monde dans sa globalité.
lisedest
2005
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