histoire courte

Ce furent des noces merveilleuses
Sans alliance, sans autre église
Que cette cathédrale de douceur
D’amour infini, qui jamais ne les quitta

Le silence compagnon, si bavard
oxymore à la vie à la mort !
Pétrissait leurs rêves
Leurs oublis
Leurs errances aussi
Leurs larmes certains soirs
Depuis longtemps ils avaient ouvert
Le vase aux mystères
Puisaient là dans ce calice les soirs de carnaval,
Toutes sortes de prières
Parfois des plus païennes
Imploraient la lumière de chaque saison
Les feux du bal, d’artifice et de bengal
Juste pour Lui juste pour Elle
Pour leurs corps à l’unisson

Ce furent des noces merveilleuses
Sans alliance, sans autre église
Que cette cathédrale de douceur
D’amour infini, qui jamais ne les quitta

Prêt du lit un petit guéridon soleil recouvert d’une dentelle vénitienne. Sur un plateau de bois rare, elle avait posé une poterie chinoise sur laquelle semblait danser une couronne de cerises rouge sang.
Sur la dentelle en harmonie, quelques papillons flirtaient aux premiers courants d’air.
Là, entre la poterie un bracelet d’argent, son collier de corail, une flasque très ancienne, simple sans symbole ni décor particulier.
Un flacon ordinaire, posé depuis de longues années.

Une flasque de verre lourde de leur éternité.

C’est sur le lit que le plaisir et le poison les ont à jamais scellés, la veille j’avais reçu quelques mots pour me donner rendez-vous, bien après que le flacon eut été déplacé…

C’est leur amour tout entier, qu’ils m’offraient, il n’y avait pas de larmes à verser, juste les aimer plus encore.
Assise sur le bord du lit, face à cette étreinte choisie, je les ai regardés longtemps, je crois même, les avoirs embrassés oui je les ai embrassés, serrés avec force et tendresse à croire que j’espérais qu’ils m’emportent, si glacés étaient leurs corps.

J’ai ouvert un panier en osier assez solide qui était dans le salon
comme le courrier me l’indiquait.
Elle s’est glissée toute seule à l’intérieur, elle n’a même pas miaulé. Alors une fois la porte refermée, nous avons emprunté le bel escalier
et silencieuses traversées Paris, le jour venait de tirer sa révérence, il nous restait toute la nuit, j’ai marché sans m’arrêter.

Une fois arrivé, j’ai ouvert le panier d’osier, mais elle n’en n’est pas sortie, après quelques jours elle a bondit sur l’oreiller, nous avons dormis trois jours je crois, oui trois jours.

Lorsque nous avons aperçu le premier soleil de novembre, demain était de retour…
J’ai pris alors  le panier pour le ranger, et lorsque j’ai passé ma main a l’intérieur pour retirer le petit morceau de lainage, quelque chose de froid à ma main.

Désormais posée sur mon guéridon entre deux étoiles et une lampe chinée aux puces de Vanves, une flasque de verre ordinaire a moitié vide.

Lise Dest
Dec 2009

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