Je suis morte ma mère, morte loin de vos bras armés, loin de votre regard affamé d’illusions, je suis là glacée pour une fois plus froide que vous ne l’aurez jamais été. Regardez ma mère cette raideur qui enfin vous fait face ! Il m’aura fallu attendre cet instant, posée là, dans ce froid funéraire, tant d’années pour me tenir droite devant vous, à en faire exploser vos mains de dégoût, je sais que vous ne me toucherez pas ; ce fut l’une des choses qui me consolèrent le moment venu. Ne pas sentir votre défaillant amour se propulser trop tard vers ce cadavre qui n’est autre que celui de votre enfant. Je suis morte ma mère, loin de vos yeux amers, de votre regard bleu transformé avec patience, en sillage d’acier que vous vous êtes plue à construire, jour après jour, parole après parole, insulte après insulte. Mais le coup fatal… Ma mère, malgré votre goût de la bataille et le parfum des funérailles, ce n’est pas vous qui l’aurez porté ! je vous ai devancé !! Combien de fois, ai je esquivé vos humeurs mortifères ? j’ai cessé de compter, le soir où vous m’avez prédit l’asile ou le trottoir !! A choisir j’ai préféré attraper à la volée des plaisirs qui pour vous ne furent que devoirs… Chaque fois qu’un homme a franchi la frontière de mon inconsciente destruction, c’est vous qui, et vous seule qui avez armé son regard faux de désir. Comme ils vous ressemblaient ! Comme ils vous sont encore semblables. Je les ai choisis en fonction de votre honte portée, haineux et vils, accaparés par leur propre jeu, et je les ai aimé parfois, comme j’ai essayé de vous aimer, mais dans mes cartes se fut toujours un aller simple, pour l’amour. Oh oui, soyez tranquilles, j’ai honoré vos prédictions de « Cassandre » jusqu’à la folie, jusqu’à éviter la rencontre salvatrice, à en avaler mon propre sang, plutôt que de devoir hurler un mot prouvant ma soif de tendresse, cet irrépressible besoin d’être. Aujourd’hui si je suis morte ma mère, sous ce drap de lin blanc…Enfin me voilà vivante ailleur.
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Que le linceul de rebellion face à l’amer mère se transforme un jour,
ou une
nuit, en soie de caresse, afin, qu’enfin, l’herbe folle, non pas
revive,
mais vive, et que, du fait, ce soit un autre texte que l’on Lise…
Lisa bella, je te fais un lien sur le poème qui chuchotait dans mon esprit alors que je te lisais.
Est-il nécessaire de te dire que tu me bouleverses ? Tu le sais…
Je ne peux résister de laisser ma trace, j’ai lu. J’aimerais un jour avoir cette puissance