La guérisseuse

On raconte qu’elle s’est jetée un soir d‘ été
du haut d’un balcon, une ville très bas vers le sud
du pays. 
La guérisseuse toujours en duel avec les cieux, chassait les ombres qui menaçaient  les épaules de ces amours. Invoquant le diable comme les anges, pourvu que furent guéris , les passagers de son coeur.


La guérisseuse avait quelquechose qui ressemblait
au lever du jour, un  triste  malentendu entre elle et la vie. Au premier matin d’été, nue  sous le soleil  parée de 
velours de sang sur peau de soie, elle devint danseuse pâle désarticulée à la flaque pourpre, dernier tatouage de la vie. La guérisseuse  au dimanche d’août , aux cloches sonnées, dort, l ‘été consume et brûle ce qui reste de femme de peau, de chair en elle. 

Chacun se souvint qu’en couturière habile elle assemblait, fougères et vent,  y ajoutait toutes les plaies des hommes, puis à la marée nouvelle déposait, ce plaide de douleurs. Absouts par les vagues,  ils repartaient, sans un regard, sans un baiser. 


On raconte, qu’elle s’est jetée un soir d‘ été
d’un balcon d’une une ville, très bas vers le sud du pays.
Les hommes guéris ne sont pas là, ils ne sont pas venus pour voir, l’étoile franchir la nuit. Ils siestent et dorment au douceurs de la saison. 
On raconte que la guérisseuse n’avait plus de prénom, plus de nom, rien qu’une chanson.

C’est bien loin des flots qu’elle fit l’ultime révérence, farandole en solo, entre elle et sa folie, fin du malentendu Au matin de l’envol, ailes déployées, s’est vers lui et lui seul qu’elle se serait retournée.

 

©Lise Dest/2007

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