La guérisseuse

On raconte
qu’elle s’est jetée
un soir d’été
du haut d’un balcon
dans une ville,
très bas vers le sud
de son pays.
La guérisseuse
toujours en duel
avec les cieux
Fuyant les ombres
chassant celles qui
plombaient les épaules
de ces amours
En adversaire mal armée
Invoquant le diable
ou les anges
pour guérir, les passagers
de son coeur.
La guérisseuse
avait quelquechose
qui ressemblait
au lever du jour,
douce et légere.
Un rien, comme un
malentendu entre
elle et le temps.
Femme guérisseuse
femme, amoureuse
nageuse pâle
dans cette flaque
pourpre.
Appartenance funeste à la vie
la douleur n’est plus
n’existe plus.
La guérisseuse au dimanche
d’aout, aux cloches sonnées,
panseuse sans illusion
flotte sous le soleil
de midi, qui brûle
Ce qui reste de femme
de peau, de chair
le coeur ?
La guérisseuse
en a fait
un éternel cadeau
Aucune importance
Il ne battait pas pour elle.
En couturière habile
des heures et du vent,
elles assemblait
les plaies et jetait
a la mer, un plaide
de douleurs, qui n’étaient
pas les siennes.
On raconte
qu’elle s’est jetée
un soir d’été
d’un balcon
dans une ville,
bas vers le sud
de son pays.
Les hommes guéris
ne sont pas là
pour voir, l’étoile
franchir la nuit
Ils siestent et dorment
au beau temps de la vie
On raconte
que la guérisseuse
n’avait plus de prénom
plus de nom, rien qu’une
chanson.

Lise Dest 14-8-07
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La Guérisseuse…suite en réponse au comment de Pant

« On dit qu’elle s’est tournée vers lui
mais qu’il est parti
Et qu’après elle s’est retournée
tentant de s’y retrouver ici
Comme elle continuait et que c’était maintenant une danse
d’autres s’y sont joints des âmes et des corps qui passaient se sont trouvés
Captivés par le geste giratoire
la farandole d’une seule a pu faire bouger tout un monde. »

Pant

On en a tant raconté
que le jour à fini par se noyer
dans la nuit
On en a tant dit
au clair des foyers sans lune
que sur la dune reste
en misère, oyas et
peau de fortune
qui lui servaient d’abri
Lorsque le coeur maudit
par le bruit des hommes
des ombres sans pudeur
Elle partait folle
et seule tournoyer
entre sable et vent
de chaque marée.
La guérisseuse
c’est de son balcon loin
bien loin des flots
qui la tenaient debout
qu’elle tira sa réverence
un ultime pas de danse
une farandole en solo
entre elle et sa folie
On a tant raconté
tant dit, que même
il se pourrait
qu’il lui soit un jour
poussé des ailes
des ailes pour Elle
On dit encore
qu’elle s’est retournée vers lui
mais qu’il est parti…

Lise Dest

2 réflexions au sujet de « La guérisseuse »

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