Laurent Terzieff

imagesLe rideau tombe, sur le sourire fragile et discret de Laurent Terzieff.
Acteur éblouissant, exigeant , qui ne s’est jamais départi de son infaillible engagement pour le théâtre.

Lise Dest

« le théâtre ne se laisse pas enfermer dans des clivages et des étiquettes ».

Né le 27 juin 1935 à Toulouse , d’une mère céramiste et d’un père sculpteur d’origine russe, Laurent Terzieff, de son vrai nom Laurent Tchemerzine, s’était consacré au théâtre après avoir vu, adolescent, « La Sonate des spectres » de Strinberg, mise en scène par Roger Blin, dont il sera le fils spirituel. Après avoir appris le métier « sur le tas » comme machiniste, souffleur, figurant, doublure, il débute en 1952, grâce à Jean-Marie Serreau, autre mentor, dans « Tous contre tous » d’Adamov. La beauté romantique de son visage émacié et de son regard clair auraient pu faire de lui un idéal jeune premier de cinéma, quand Marcel Carné le révèle à 23 ans dans « Les Tricheurs », peu après son succès de télévision dans l’émission « En votre âme et conscience ». Bunuel, Clouzot, Godard, Pasolini lui confieront des rôles, mais Laurent Terzieff, épris d’absolu, ne cède pas aux sirènes de la starisation, et choisit le théâtre comme un sacerdoce. En 1961, il fonde la compagnie qui porte son nom, et qui sera hébergée dans les petits théâtres privés (Lutèce, La Bruyère, Lucernaire).

Là, il peut créer, loin des rumeurs et des engouements, les pièces inédites d’auteurs qu’il affectionne, comme Andréiev (« La Pensée », 1961), Schisgal (« Le Tigre et les dactylos », 1963), Albee (« Zoo Story », 1965), et Mrozek (« Tango », 1967), dont il créera plusieurs autres pièces dans les années 1970 et 1980. Il monte également de nombreux spectacles de poésie autour de Rilke, Brecht et Milosz, puis « Dernières lettres de Stalingrad » (2001), un réquisitoire contre la guerre. Acteur au jeu hors mode et d’une très grande sensibilité, – il avait notamment triomphé dans « Tête d’Or » chez Barrault et reçu de nombreuses récompenses : prix Gérard Philipe en 1964, Grand prix national du théâtre en 1984, et plusieurs Molière, pour deux pièces qui ont été de vifs succès publics : « Ce que voit Fox » (1988) et « Temps contre Temps » (1993). En 2002, il avait perdu sa compagne et partenaire de théâtre, Pascale de Boysson. Quelques mois plus tard, il était remonté seul en scène pour « Florilège », un spectacle poétique.

Source : Rue89

iphoto_1278157224348-1-0jpgLaurent Terzieff est Philoctete au theâtre de Villeurbanne
http://www.youtube.com/watch?v=tRuOvktL_po

photo : Iphoto

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