Le temps passera

Je hais le mois de mai Seule contre le vent j’avance à demi morte Face au néant Au rien qui frappe à ma porte Oui je hais le mois de mai Qui m’a volé un amour et un ami Il était fou, fou de mots et de chansons lui c’était la vie et la mort Le désespoir et la fureur Mais il était vivant, et libre Il rêvait ce qu’il disait Il parlait tout en rêvant Il a construit des cathédrales des paroles en guise de vitrail des histoires à pleurer dans le noir Des gloires, et des remparts de folie Il a réinventé les grandes histoires Noé et Attila pour patiner sur les étoiles et la nuit Etre là, en se foutant de tout Oui c’était lui, être utile avant tout… Parfois le soir Je sais qu’il m’appelle Et je pense au miel de nos matins Au mois de mai, mois de Marie Ou tout doit être bleu, c’est le noir d’un libertaire qui a filé loin de l’Estrapade qui accompagne mes révérences Pour lui je retirai mes gants sur cette terre improbable j’étais son ange Il n’en avait jamais assez C’était sa vérité de vivre ainsi Oh oui je sais bien le temps passe Mais je hais le mois de mai Et toi mon ami de mots et d’E’cris, je sais combien ce mois pèse sur tes épaules de poète Sache que comme toi certains soirs, de mai, une muse flirte avec le silence et la mort

Lise Dest – 26 mai 2007

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