Mémoire

Le vent a pour habitude de nous éloigner de ceux qui partagent nos vies, les traversent, les bouleversent parfois follement.
Nous nous croisons, nous nous aimons, nous faisons de petits ou d’infinis voyages, nous nous prenons les mains ou juste le regard, nous puisons nos forces et nos rires dans la bienveillance du regard, nous nous accompagnons un moment, plus ou moins mon , un moment d’amitié, un moment d’amour, un moment pour les demains, pour les toujours.
Il nous arrive d’etre  au saccage, alors, le temps avance et le vent ne souffle plus dans la même  direction, nous traçons des lignes en sens contraires sans le voir, nous avançons encore, nous oublions lentement sans voir que nous nous oublions.

Puis violent,  vient un jour d avril de mai ou de décembre , le jour dit qu’il est trop tard.
C’est à cet instant que le vent , impatient, se lève , arrive et soulève le pan du voile de notre mémoire et tire a boulets rouges au moment de l’insupportable, l’annonce de l’ultime voyage de ceux qui ont partagé un instant un moment, toute la vie avec nous, il ne reste qu ‘ une chose à faire les regarder mettre les voiles majestueuses et désespérantes.

L’impossible retour nous propulse dans un puits de tristesse de regrets, nous avons laissé passer le temps en sens contraire.
Le jour ou vos amis suivent le vent, vous avez envie de leur attacher un fil de soie à la cheville afin qu’aux beaux soirs de l’été, portés par la brise ils vous adressent furtif regard pour l‘ éternité.

Nous apercevoivent-ils ceux que nous avons tant aimés aux soirs des étoiles filantes et des vœux égarés ?

Lise Dest

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