Le silence est profond
En fait il n’est que fausse pudeur
Au clair d’une prière sous la lune
Mon ami Pierrot n’est plus
Et le rythme lancinant
De mes mains vers lui reste vain

Contraindre l’éternité, vers une ultime étreinte
Où es-tu toi qui me connaissais si bien?
Ce sont les larmes de ma sœur
Que je bois ce soir, c’est ma pénitence pour
N’être pas partie à ta place.

Mon ventre ne manquait à personne !
Vide et creux, il ne rendait pas heureux

J’ai souhaité conjurer le sort
céder au sacrifice, en appeler à l’irraisonnable solution
un “deal” avec le diable, un pacte avec le ciel !
Emportez moi, je ne suis rien !
Personne ne m’espère, c’est mon lot ma belle misère

La terre est proche, et le silence si haut
D’où vient cette force qui nous tient debout
lorsque le chagrin s’invite
au grand banquet du malheur ?
ELLE chaque matin elle en appelle
encore à ses reins, et chaque aurore
n’est que cruelle et insoutenable résurrection

Ignorés par la vie, accoudés à la mort,
Nous, nous sommes échoués avec fureur et désespoir.
Le néant à la couleur des larmes de ceux qui le regarde.
Mon ami Pierrot sous la terre, et ce fut notre enfer
de le laisser lentement passer d’une rive à l’autre.
Sous le halo, de cette lune où désormais il peut se balancer

Le soleil ne pouvait-il encore lui accorder
un seul de ses rayons pour réchauffer à jamais l’éternité de sa nuit
de son existence en fuite?

Éteignez la lumière les feux, cachez tout ce qui brille,
asséchez les marais et les lacs , effacez traces d’arc-en-ciel, le goût du dimanche.
Que les heures du jour et de la nuit s’enfoncent avec lui dans la terre profonde et sombre, que nos larmes la nourrissent,
que les cris de ma sœur ne lui parlent que d’Amour.

Mais ce soir, je m’en fous, des mots et des alarmes !

je suis ivre de son chagrin ! je t’en prie « don’t cry »
ma soeur, hurle contre mon cœur, brise une à une
mes phalanges , j’ai de la force pour deux

Accroche ta peine à mon silence
Je t’en fais promesse jour après jour
je pillerai le cobalt et le lapis,
pour te rendre ce regard bleuté, et te soustraire à la nuit.

Ultime serment et inviolable promesse,
dans cette chambre glaciale,
un dernier baiser sur son front engourdi

De gestes tendres, en paroles apaisantes.
La vie explose, tout s’en va.
IL nous délie de nos serments, délivrance absurde et violente,
puisque jamais plus nous ne seront en paix de son sourire.

Et cette terre si parfaitement rodée !
Qui l’emprisonne continuera de tourner narguant notre épuisement.
Et la nuit si parfaitement ponctuelle hantera de ses bruits nos insomnies.
Le rythme ne changera pas ;
pas plus que les saisons ni la chaleur de l’été, ni les jours fêtés.

Et son ombre, prendra la couleur, le goût du vin que nous partagions,
deviendra de plus en plus lisses, diaphanes

Le silence est profond
En fait il n’est que fausse pudeur
Au clair d’une prière sous la lune
Mon ami Pierrot n’est plus
Et le rythme lancinant
De mes mains vers lui reste vain.

A mon beau frére
Lise dest / Fev.1998




Comments

This entry was posted on Samedi, février 26th, 2005 at 9:23 and is filed under 4-TEXTES, 5- silences et fureurs'. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
1 Comment so far

  1. Parhal on mars 2, 2008 8:54

    priez mon pauvre père pour que la clairière soit limpide

    Parhal

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