Le vent est chaud,
d’une force singulière
puissant et régulier,
presque violent.
Monségur brûle !
Monségur hurle !

Orage d’intolérance
La lutte sera inégale
Mais fondamentale.
Le verbe est façonné
Et l’amour proclamé
Sur le bucher.

En nous, la préférence
Oui, nous avons choisi
Hérétiques !
L’Occitanie entière
A résonné et résonnera
des cris cathares

Outrageusement tolérante,
La flamme
Effleure les flancs,
chéris de nos femmes
Point de secret
aux Bonnes Dames
Depuis longtemps
âmes vives
elles vibrent
pleurent en ce lieu

Ce sont nos paumes et nos cœurs
qui brûlent ici
Notre mémoire
Assassinée
Mais sur nos joues
le ruban des flammes
laisse couler une sève de vie
A nos chairs meurtries

Nous sommes de l’église
qui pardonne
Pas de celle qui écorche
et possède.
Mais Monségur brûle !
Et hurle !
Nous mourrons
D’avoir cru en la
Pensée humaine

Ils écriront des mots
de cendre,
Ils parcourront
nos villages sans relâche
à en détruire poudre
De nos traces.

Ils inventeront
Des mystères
Oublieront nos
Prières
détruirons la montagne
Et la pierre.

Apres les massacres
Et le bûcher
Que restera t-il
A dévaster?
Sinon
La mémoire

La fuite,
à la soumission
ou la mort.
Ne vous retournez pas
sur les derniers « cramats »

Fuyez vers Taragone
Car Monségur
Hurle et brûle
Ce soir
sous un vent
Violent
qui transportera
Notre histoire.
 
lise dest 22-08-2007




Comments

This entry was posted on Mercredi, août 22nd, 2007 at 2:56 and is filed under 4-TEXTES. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
2 Comments so far

  1. MY on août 22, 2007 3:42

    Ce texte est très beau, mais beau comme l’est un tableau des fusillés de Goya ou d’un autre, comme ces tableaux de martyrs fixant les lions dans l’arène, il peut y avoir de la beauté dans la description du pire, mais c’est la religion qui est l’hérésie même, quelle qu’elle soit…”tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens!” Connerie, foutaise, démence de l’ignorance, opium des peuples que l’on asservit par les mirages d’un au-delà… Reste que les lieux concernés sont beaux et ont une dimension profonde et que ce texte sait en conserver, voire mettre en valeur, l’âme intrinsèque; à quand une suite?

  2. Lise Dest on août 22, 2007 5:16

    Je partage cette vision d’une religion perpetuellement destructrice.
    Mais ce qui est interessant,ce sont les évènements a chaque époque concernées, d’y voir parfois des actes étonnants tant dans leur cruauté que dans leur créativité.Tout le paradoxe de l’humain
    Sans les religions pas de guerre ! evidemment !
    mais pas de cathedrales, pas de livres, d’écriture…Sans cette foutue religion,
    pas de recherches profondes pour diffuser les textes donc…
    Alors OUI je suis d’accord
    mais en ce qui concerne les Cathares, Monségur…Il est passionnant de plonger dans cette période dont on apprend encore aujourd’hui tant de choses.
    Il reste peu de traces justement pour qu’un texte vienne telle une peinture livrer, humblement bataille lui aussi.

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