Nicolas de Stael

Un des artistes les plus influents européens de la période de l’après-guerre

« L’individu que je suis est fait de toutes les impressions reçues du monde extérieur depuis et avant ma naissance. » Nicolas de Stael 1951
nicolas de stael
« …J’avoue faire mal la part de l’inconscient surtout lorsque la raison sert de filtre un jour, alors que le lendemain elle propulse toutes les saletés que nous lui croyons le devoir d’arrêter. Il m’est très difficile de saisir la vérité : c’est plus compliqué et plus simple que nous le pensons, et Dieu sait si toute cette aventure arrive à un pauvre homme, mais je voudrai vous répéter à quel point je crois que lorsque tous les éléments sont là, choix déterminé, attitude passive, volonté d’organiser ordre et chaos, toutes les exigences, toutes les possibilités, pauvreté et idéal, dans les meilleurs tableaux, tout se passe de telle façon qu’on a l’impression de n’avoir même pas son mot à dire (…)Au sujet de l’instinct, nous devons avoir des notions différentes, pour moi l’instinct est de perfection inconsciente et mes tableaux vivent d’imperfection consciente ».
(Lettre au collectionneur Jean Adrian 1945.)

stael peinture
midi

“…la pâte nous semble le schème du matérialisme vraiment intime où la forme est évincée, effacée, dissoute. La pâte pose donc les problèmes du matérialisme sous des formes élémentaires puisqu’elle débarrasse notre intuition du souci des formes. La pâte donne une expérience première de la matière.” (Gaston Bachelard)

Aristocrate, apatride et orphelin, de Staël se tourne très tôt vers la peinture. Il suit les cours de l’Académie royale de Bruxelles en 1932, accumule les voyages en Europe, habité de sa seule folie
« la peinture »
Fou orgueilleux et génial qui masquait tant de failles sous des rires insolents, parade aux blessures d’une enfance brisée par la révolution russe de 1917.
Arrivé en France en 1938; il étudie la peinture auprès de Fernand Léger.
En 1941 il s’installe à Nice où il exécute des toiles dont le réalisme dramatique exprime sa vie misérable et son caractère inquiet.
« Ange » en perpétuelle détresse, empli de violence et de drames.
Sa rencontre avec Braque, en 1943 est déterminante, travaillant sans relâche, il découvre les rythmes simples de la nature et à pénètre l’essence même du réel jusqu’à l’épure, ce qui le conduit
progressivement à l’abstraction.
Nicolas de Staël abandonne délibérément la peinture figurative après 1942, au profit d’une expression libre des valeurs chromatiques.
1943, installation à Paris, de Staël y mène une vie de misère, se consacre entièrement à la peinture abstraite
Les formes géométriques, traits épais noirs qui les cernent ne semblent en rien étrangers à l’art d’Alberto Magnelli ; L’influence de ce dernier a sans doute amené le peintre russe à s’orienter vers l’abstraction.
La personnalité de, de Staël explose dans sa palette de tons sourds qui révèle l’exceptionnel talent de coloriste même le noir était lumière, et la texture unique de ses toiles ont exploré des lignes de force inédites.
Staël, refuse de déguiser son émotion, et va bientôt l’assumer totalement en toute liberté. Peintre aux méthodes de sculpteur, pâte rugueuse et charnelle qui s’étire, se dilue, se fait opaline.
Dès 1952 il peint quelques-unes de ses meilleures toiles : Les Toits, Les footballeurs, Les Musiciens (1052), Les Bouteilles dans l’atelier, Grand nu orange (1953)…

les musiciensles mouettes

Si la matière est bien au cœur de la problématique « Staëlienne », elle est une préoccupation commune aux peintres des années 50, de Dubuffet à Soulages, dont certains furent regroupés sous le nom d’Ecole de Paris. Pâtes stratifiées de Poliakoff, matières tourbillonnantes de Messagier, stries et grumeaux martelés chez Lanskoy (Russe comme de Staël), pâtes épaisses, et rainurées de Fautrier : “La notion même de matière, disait Bachelard, est, croyons-nous, étroitement solidaire de la notion de pâte” (L’Eau et les Rêves).


Nicolas de Staël se tue en se jetant par la fenêtre de son atelier le 14 Mars 1955.
Sa formule de vie « Travailler beaucoup, avec une tonne de passion et cent grammes de patience »


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