D’hier

De nos regards croisés, un soir d’été, s’agite une tresse magique de silences et de secrets. Au puit de mes paumes tu as déposé des mots et des pages, rien de ce qui a été lu ne me quittera.
Dans mon hacienda, blottie contre le « visage d’un Turc en pleurs » c’est un poignard que tu as planté dans ce qui me restait de coeur, une lame par toi plongée dans le miel, le feu, le meltem et le sel brûlants.
Voyageuse insolente, marée haute à en crever, c’est une déferlante incontrôlable qui casse les digues de la raison, vague qui m’enchaîne et m’entraîne au profond d’un gouffre inconnu : Le plaisir de cette écriture envoûtée.
L’Art a tout prix, au flot de ton sang jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’écoeurement
Noisette et jade mélangés, la couleur de tes yeux envahie les carnets et le clavier
où tes gégouts ont fini par faire alliance avec tes goùts.

Écrire pour être publié… Toujours la même croisade entre toi et l’attente.

Lise Dest

* Visage d’un Turc en pleurs – Marc Edouard Nabe
Gallimard – l’Infini

Site de Marc edouard Nabe : alainzannini.com

 

Aliénée d’amour dans la clarté et la brume lunaire
Je réciterai les vers de notre opéra
Au profond des abysses, parées d’algues et de corail
Bercée à la complainte des fougères
Filles de mémoire aux lithanies assassines
Sous la lumière
Tu me trouveras étendue
Au chant pâle de lune, refrain d’étoiles sacrifiées
Au mépris du zodiaque tailleur de linceuls lactés
Je me coule dans un lit de miel et de moire
Je ne serai plus jamais seule
Au dessus du miroir.

Lise Dest

 

Tango noir

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Tango noir
Danse qui inverse le temps
Au milieu de ce pas de deux
Une nuit conquise à contre temps
Sous la voûte poudrée de nuit
Trouble nébuleuse de la vie
Unique et parfait désenchantement

Tango noir

Le temps emporte sans mot dire
Des histoires impossibles
Des raisons égarées et des passions
Qui se libèrent dans la danse

Tango noir
Emporte ce soir
Ce tango en noir et blanc
Dans un bouquet d’orchidées
Et de lys mélés.

Lise Dest

 

519Q87ZWKOL._SL60_Cliquez sur le lien
pour entendre ce texte de Boris Vian et ,magnifique la voix
de Mouloudji qui nous prend le coeur et la main pour…Vivre

FAUT VIVRE / MOULOUDJI
http://www.youtube.com/watch?v=Yh4WNJlS1Ss

(et si le lien ne fonctionne pas retrouvez « Faut vivre » sur youtube )

Il y a peu être 150 millions de galaxies
contenant chacune 120, 150 millions d’étoiles…
A des centaines de milliers d’années lumières…
Il y a des centaines d’autres galaxies
contenant encore des milliards d’étoiles…
Poussière dans un Sahara d’étoiles…

malgré les grands yeux du néant
c’est pour mieux nous manger enfant
et les silences et les boucans…
faut vivre…
bien qu’aveugles sur fond de nuit
entre les gouffres infinis
des milliards d’étoiles qui rient…
faut vivre…
malgré qu’on soit pas toujours beau
et que l’on ait plus ses seize ans
et sur l’espoir un chèque en blanc
faut vivre…
malgré le cœur qui perd le nord
au vent d’amour qui souffle encore
et qui parfois encore nous grise
faut vivre…
malgré qu’on ait pas de génie
n’est pas Rimbaud qui peu pardi
et qu’on se cherche un alibi
malgré tous nos morts en goguette
qui errent dans les rues de nos têtes
faut vivre…
malgré qu’on soit brave et salaud
qu’on est des complexes à gogo
et qu’on les aime c’est ça le pire
faut vivre…

malgré l’idéal du jeune temps
qui c’est usé au nerf du temps
et par d’autre repris en chantant
faut vivre…
malgré qu’en s’tournant vers l’passé
on est effrayé de s’avouer
qu’on a tout de même un peu changer
faut vivre…
malgré qu’on soit du même voyage
qu’on vive en fou, qu’on vive en sage
tout finira dans un naufrage
faut vivre…
malgré qu’au ciel de nos poitrines
en nous sentinelle endormie
dans un bruit d’usine gémit
le cœur aveugle qui funambule
sur le fil du présent qui fuit
faut vivre…
malgré qu’en nous un enfant mort
parfois si peu sourit encore
comme un vieux rêve qui agonise
faut vivre…
malgré qu’on soit dans l’engrenage
des notaires et des héritages
ou le cœur s’écœure et s’enlise
faut vivre…
malgré qu’on fasse de l’humour noir
sur l’amour qui nous en fera voir
jusqu’à ce qu’il nous dise au revoir
faut vivre…
malgré qu’à tous les horizons
comme un point d’interrogation
la mort nous regarde d’un œil ivre
faut vivre…
malgré tous nos serments d’amour
tous nos mensonges jour après jour
et bien que l’on ait qu’une vie
une seule pour l’éternité
malgré qu’on la sache ratée….
Faut vivre…

 

Immodestie 4

4652_1149194683348_1032021950_30449421_3391484_nPhoto Lise Dest /Phot-auto-portrait !

 

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