Pour Elle

images-1.jpegIl est déjà trop tard Pour ne plus dire : 
Encore ! 
Il changera le langage 
Attrapera celui des anges 
Pour longtemps 
Pas toujours non ! 
Longtemps c’est déjà toute une danse 
Dans les bras de celle qu’on aime 
Séchera la pluie gardera la paix en caresse dans le silence. 
C’est sur ! 
Il inventera un nouvel autel 
Païen et mystérieux 
Oubliera les questions 
Gardera son corps brûlant 
Au secret du feux 
Il pansera les plaies 
Et commandera l’amour en hiver 
Comme aux roses naissantes 

Juste une prière 
Avant de partir de courir, 
d’espérer 
Il dira la nouvelle vie 
Dira cet amour là Le dira pour elle.

Lise Dest – 11 dec 2007 
photo JL Sief

Faire mon marché ce matin

Il faudrait que je parte faire mon marché ce matin. L’été c’est certain a pris ses derniers quartiers, laissant là dans cette partie du ciel que j’aperçois, quelques trouées légères et bleutées. Mais il faudrait me lever, soulever le drap m’extraire de la chaleur de la nuit, de la nuit qui est entrée en hiver depuis hier, il le faudrait. Au beau milieu du soir, la féline de la maison a bondi, au souffle du vent de ce décembre qui m’étrangle. Sur la table recouverte d’un tissus pourpre et indien, encore offert, le poison de nuit, robe du soir de mes rêves, de mes espoirs épuisés, posés cette fois en ordre, petit chemin à suivre ou non, mais promenade préparée au cas où… Le choix toujours le choix ! je ne sais plus, ne sais pas, car je ne comprends, pas je n’apprends rien. viewphoto1.jpgEt ma vie n’abandonne pas ! Toujours battante malgré notre pacte, elle continue de s’éprendre de chaleurs qui me brûlent. Les images défilent, des oiseaux qui se déplacent en silence, des braises qui dansent, et le silence, oui ce silence qui lorsqu’il se partage, apparaît comme l’un de ces bonheurs très singuliers, où, même si la peau ne se touche pas, la chaleur des mains non jointes, diffuse son parfum de quiétude. Il faudrait que je parte faire mon marché ce matin… Quoi mettre dans mon panier ? Deux pommes, des œufs, des herbes parfumées, un petit sac de gingembre confit pour redonner du rose aux joues !! des poivrons à griller… Mais la volupté dans laquelle se love mon inquiétude m’attache comme un amant joueur aux draps tièdes, et je tourne et me retourne dans ces oreillers orangés et mouelleux. Je repense au printemps à l’automne, les couleurs se mélangent aux miaulements de la chatte qui réclame son lot de caresses. Les murmures de la veille me clouent aux cotonnades de mon lit. Il reste d’hier un parfum de toi de moi de « nous », le mot à maudire ! Le lien à anéantir. Il est des conjugaisons que nous ne devrions pas connaître sous peine de drames extrêmes. Je n’irai pas faire mon marché ce matin ! Je regarde le chemin, minuscule et blanc posé sur le tissu indien, joli dessin, mais ce n’est pas encore mon destin que d’abandonner ! Juste rêver,dormir au creux de tes bras silencieux et de tout ce qui aurait pu être Lise Dest 10 nov 2007

Thibaud Thiercelin


Thibaud THIERCELIN offre ses peintures à votre regard
samedi 1er et dimanche 2 décembre prochain
à la Maison du Caucase, 68 rue du cardinal Lemoine, paris 5ème
Un week end c’est court !!!, c’est dire combien il est difficile même pour un artiste reconnu, de trouver un espace à Paris…

Son univers est troublant, à la fois violent et caressant. La couleur en porte drapeau Thibaud Thiercelin est un peintre du geste hallucinant ? halluciné ? !
à vous de voir…
Thibaud, fait parti de mes amis peintres, de ceux qui m’ont fait confiance il y a   longtemps
déjà, et qui ont accepté d’exposer avec d’autres peintres moins connus pour faire exister un évènement particulier.

Et je lui en serai toujours reconnaissante

 

Lise DEST 25 nov 2007

TIKEN JAH FAKOLY

  

www.tikenjah.net/

Comment expliquez-vous le rapide succès de ‘Mangercratie’, et votre notoriété immédiate en France ?

Les textes de mes chansons sont de véritables textes de reggae. J’entends par-là des textes d’éveil, d’éducation, de revendications, avec une prise de position politique comme dans le reggae de Bob Marley. J’imagine que c’est la raison pour laquelle le public français s’est intéressé à ma musique. Ma notoriété n’a pas été immédiate. J’ai commencé par des petits concerts sur des péniches pas loin de la bibliothèque François Mitterrand. Il y a eu aussi des concerts à la Boule Noire, et puis on a quand même connu pas mal de difficultés avant d’être distribués. Je suis arrivé en France en 97, et ce n’est qu’en 99 que l’on a eu notre premier distributeur, donc ça n’a pas été si rapide que ça.

L’album a été enregistré à Bamako dans votre studio ‘H. Camara’. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai créé ce studio pour promouvoir les artistes africains. A l’entrée est inscrite la devise "L’Afrique ne pleure plus, elle parle ici". L’objectif de ce studio est de réunir tous les artistes africains qui ont envie d’être les porte-parole du continent. On a parlé des Jamaïcains tout à l’heure, on pourrait passer la nuit à énumérer toutes leurs stars de reggae, alors que c’est un pays de 3 millions d’habitants. L’Afrique, c’est tout un continent, c’est 53 pays, c’est des millions et des millions d’habitants. On a encore besoin de milliers de porte-parole…

Propos recueillis par Boris Norbert et Rémy Pellissier pour Evene.fr – Septembre 2007

 

 

 

Complainte pour une louve

Ma douce, mon aventure, ma belle que n’es-tu devenue serrée du corps au coeur dans cette armure ?

La neige absorbe lentement le fond de ton coeur et la meute hurle à la porte de ton enfer
Ce soir il y a eu plus affamé que toi un guerrier sans honneur, se tient droit derrière la forêt, derrière le bois.

Ma douce, ma belle, le froid glisse sur tes yeux perdus, il emporte nos souvenirs dans la tempête.
Ton pelage se soulève au vent, et déjà quelques gouttes d’hiver s’accrochent à toi, et t’éloignent de moi.

Le piège se referme et se tord à tes derniers efforts, la blessure est profonde, elle inonde le sol, et me ravage de douleur. Elle rampe et approche, la peur. Celle qui raconte que demain tes flancs ne sentiront plus le balancement des miens

Et le fer sur ta vie, ma belle, continue son ouvrage, l’entaille est là, hurlante à ta peau, et violente à mon regard. Le jour s’attarde encore un peu, une dernière flamme pour tes yeux, le son cathédrale qui me ramenait vers toi chaque soir se fait sourd et devient profond silence.
Patience ma douceur, patience, je lèche ta douleur, et ne crains pas le froid qui m’assaille.

Je couche sur toi tout ce qui reste de force en moi
tout ce qui reste d’amour aux creux de ces bois, ils savent ceux qui te regardent, ils savent que c’est une reine qui défie la mort sous les rafales du nord.
Et derrière l’arbre toujours droit le guerrier,sans honneur, attend…
Il attend, de pouvoir draper son orgueil de ta douce élégance, dans ton manteau de reine.

Que le guerrier approche, qu’il avance !
Il ne connaît rien à l’amour,
rien,
aux désastres qui l’attendent au premier pas vers toi.
Il ne sait pas, qu à ton agonie,
lorsque mon coeur explosera
il ne sera plus que proie facile dérisoire pantin,
il ne sait pas encore le combat à venir.
Ma tendre et belle, ma douce aventure,
personne jamais n’ôtera ta parure épaisse et bleutée sous nos étoiles. Personne crois-moi.
Je mangerai jusqu’au dernier os de ton corps apeuré pour ne pas le livrer au pire des destins

Mais voila que la neige est désormais étincelante sous le halo
et rouge le berceau où tu te noies, regarde ma déesse, je suis là, regarde et rêve à hier, aux chemins parfumés, aux collines,
et à la plaine au bel été.
Songe à tout ce qui fut toi, dans ce royaume-là, a tout ce qui fut nous et dors, dors ma vie sous le poids de mon corps soumis à tes derniers rêves
Et pars au vent,
pars raconter aux lumières de nos ancêtres, l’amour et la folie d’être sur cette terre.

Vois enfin venue ! la peur du guerrier, qui s’enfuit,
il n’approche pas, n’ose plus !
Écoute le chant de la meute, les ombres et les voix qui s’accrochent à ton départ
Le piège a terminé son effroyable ouvrage, tu n’es que silence et lourdeur posés sur la neige.
Et je ne suis plus que folie et fièvre,
je ne suis plus que rage sans courage.
Mais pars sans avoir peur, ma douceur,
avec toi mon âme… Je meurs

Lise Dest
20 nov 2007


Etrange idée

Il a cette idée étrange
Que quatre pas mêlés
Ne pourraient en rien
Faire une danse à deux.
De ces tourments qui arrangent
Lorsque le cœur dérange.

 
Il a cette étrange idée

 

Lise Dest 20 nov 2007