Antonin Artaud

Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté,
modelé, construit, inventé,
que pour sortir en fait de l’enfer.   


Antonin Artaud

Robert Desnos

Coucher avec elle
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration

Coucher avec elle
Pour l’ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude

Coucher avec elle
Pour l’aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes

Coucher avec elle
Pour l’amour absolu
Pour le vice pour le vice
Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle
Pour le naufrage ineffable
Pour se prostituer l’un à l’autre
Pour se confondre

Coucher avec elle
Pour se prouver et prouver vraiment
Que jamais n’a pesé sur l’âme
et le corps des amants
Le mensonge d’une tache originelle

Robert Desnos – Fortunes 1942

Love story : Man Ray & Paris !


portrait Hollywood, 1944 © Man Ray Trust ADAGP Paris 2008

Man Ray à la Pinacothèque de Paris : l’oeuvre d’un artiste polymorphe
L’exposition "L’Atelier Man Ray"  jusqu’au 1er juin 2008


Peintures, sculptures, photographies, objets, dessins…
toutes les facettes de cet artiste américain façonné par le dadaïsme et le surréalisme.
Man Ray, né à Philadelphie en 1890 et mort à Paris en 1976
est surtout connu du grand public pour son travail de photographe – portraits d’artistes ou la célébrissime photo de 1924 de Kiki de Montparnasse.

La Pinacothèque de Paris rassemble 250 oeuvres, qui suivent  les quatre  étapes fondamentales de la vie américaine et parisienne de Man Ray.
Et sa rencontre à New York en 1915 avec Marcel Duchamp et Francis Picabia fut déterminante, sur la suite de son travail et de son oeuvre

L’Atelier de Man Ray, « Unconcerned but not indifferent »
Exposition du 5 mars au 1er juin 2008
Pinacothèque de Paris
28, Place de la Madeleine
75008 Paris

Ne plus l’entendre me rend fragile

Croyez vous aux sortilèges ?
Moi, je sais qu’il est là
Même quand il neige.
Dans mon jardin de mémoire
Les fleurs du soir remplacent
Le lierre qui soude les pierres

Ne plus l’entendre me rend
fragile
Ne plus l’attendre
Inutile

Je ne veux rien oublier
Juste dormir sans pleurer

Croyez vous aux sortilèges ?
Moi, je sais qu’il veille
Mon sommeil lui appartient encore

J’ai voulu, et su aimé, partager mes rêves
dans d’autres bras doux de silences
Mais, ces coeurs là, n’avaient pas besoin de moi…
 
Ne plus l’entendre me rend
fragile
Ne plus l’attendre
Inutile
 
Il est là lorsque je dors
Et, la lune observe cet enchantement
de rimes englouties, qui farandolent
dans les trous noirs de ma mémoire
Sur cette terre de lumière
ou rien n’est parfait.

Ne rien oublier
Juste dormir sans pleurer

Lise Dest
2007 – (td&tp)

Comme…

Elle écrit comme…
Elle peint comme…
Mais, elle ne donne comme personne

Elle vous regarde droit
et pose au plus profond de votre regard,
une âme qui, comme voile, gonflée par le vent
s’affale sous la main, au bras du marin.

Elle se sent parfois comme…
Elle sourit aussi comme…
Mais ce qu’elle chante n’appartient qu’a elle :

J’irai mourir en enfer
y retrouver le feu des parjures
Celui des voeux bafoués
Sur les ailes des belles de printemps
Ce sera ma saison dernière
Un cloître sans lumière
Un refuge aux paupières.

Elle écrit comme…
Elle peint comme…
Mais, elle ne donne comme personne

Lise Dest
28 fevrier 2008