Les êtres du couchant

Ô, rivages d’Armorique
Que n’avez-vous confié
Tristan, aux mains de Marc’h
Roi, et cousin d’Arthur

Ô, chevaliers, jaloux
d’un cheveu d’or…
Que n’avez-vous,
faute de faire chavirer,
la barque
Brisé l’espoir d’un Roi
Et se perdre au profond
du repaire,Yseult la belle
Tristan le valeureux

Ô, préparation, légendaire
composée sur le vol
d’une hirondelle
Mirgesse,magicienne
de Tintagel
retenez votre bras
Taisez l’incantation,
qui trahira la princesse

Le philtre d’amour
Aux rivages de Cornouailles,
deviendra, à jamais, chagrin
ombre et obsession
ET,
Sur les Monts de Bretagne
Repos gagné dans les larmes
Au profond couchant
Le tombeau, du Roi vaincu
Cailloux à jamais serrés,
du Menez-Hom.
Amants d’aujourd’hui, il vous appartient de protéger,
d’ une
pierre nouvelle, à quatre mains posées
le mausolé d’un Roi fou d’amour pour l’éternité


Lise Dest-09-07-07

Cadeau

Une rose, un peu floue…
pour y déposer vos
rêves les plus fous
tout simplement !

à vous ….rose de juillet

Lise & merci a celui qui m’en fit cadeau

Parenthèses

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Le cœur à contre courant
Lent face au vent
Mes mains,
naïades dans les larmes
Plongent,
retrouvent ton corps
Après de longs matins.

Saurais-tu dire pourquoi
Cet étrange chagrin
Demeure à coté de moi ?

Au réveil
Je ne veux pas t’appeler
Je ne veux pas y penser
Même si je te sais
A mes cotés.

Eclat de rire ou de vie
Purs grenats taillés
Les heures parlent
En perles posées
Comme des armes
à la nuit.

Comment protéger
les caresses
Cet infini besoin de nous,
incertain
aux promesses
Rebelle
impatient en tout.

Lasse,
je regagne le lit
Recoucher
d’autres rêves
Dormirai-je sans toi
Quelle serait alors
ma nuit.

Lise Dest-09-07-07

Suspension

Casser l’amphore, et le vase vibrant sous les flots
Laisser les lames et la vague briser le bateau
La cadence de la danse s affole
Prendre le poison pour rêver mieux
Souhaiter rejoindre l’horizon en un vœu, doucement meurt la côte 

A la porte du printemps, chasser le calendrier en son entier
Les sirènes  sont belles, regardez les avancer sans ombrelle,                                                Elles  n’ont pas d’aile, ne 
leur confiez jamais la nuit,                                                                        elles en voleront chaque  étoiles
Les feront filantes, pour jouer avec les mensonges des mortels

Les marins rêvent un ultime instant au  dessin du portail taillé                                                    de pointes et de volutes forgées ou les roses carmins ouvraient  le chemin.
Passage, pour dame de coeur en robe de velours noir                                                                         
parfum Chanel, ou rosée de jeunesse, et la barque déjà oublie demain.

Trouver le rythme, d’un battement de rames,                                                                     rassembler sans drame les eaux des deux mers
Couvrir la scène de pétales rouges sang, d arcs en ciel géants
Lentement, lentement
Laisser les lames devenues  sombres, briser le bateau et casser l’amphore.

Lise Dest-06-07-07

message personnel / françoise hardy

Au bout du téléphone, il y a votre voix
Et il y a des mots que je ne dirai pas
Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire
Qui sont dans trop de films, de chansons et de livres
Je voudrais vous les dire
Et je voudrais les vivre
Je ne le ferai pas,
Je veux, je ne peux pas
Je suis seule à crever, et je sais où vous êtes
J’arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître
Préparez votre temps, pour vous j’ai tout le mien
Je voudrais arriver, je reste, je me déteste
Je n’arriverai pas,
Je veux, je ne peux pas
Je devrais vous parler,
Je devrais arriver
Ou je devrais dormir
J’ai peur que tu sois sourd
J’ai peur que tu sois lâche
J’ai peur d’être indiscrète
Je ne peux pas vous dire que je t’aime peut-être

Mais si tu crois un jour que tu m’aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu’à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m’aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine
A trouver où tous ces chemins te mènent
Viens me retrouver
Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S’installe en toi
Pense à moi
Pense à moi

Mais si tu crois un jour que tu m’aimes
Ne le considère pas comme un problème
Et cours et cours jusqu’à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m’aimes
N’attends pas un jour, pas une semaine
Car tu ne sais pas où la vie t’emmène
Viens me retrouver
Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie
S’installe en toi
Pense à moi

Paolo Veronese

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Né en 1528 à Verone mort en 1588  à 60 ans

De père architecte et sculpteur, il s’adonne tout d’abord à cet art en apprenant la modélisation, mais son penchant pour la peinture a raison de lui et il se tourne vers son oncle, Antonio Badille, qui possède un atelier. Il acquiert dans le même temps beaucoup de connaissances en matières d’architecture et de perspective, avec l’apprentissage que lui donne Giovanni Carotto.
Apres des études à Vérone. Sa renommée grandissant, il se voit confié des commandes pour les villes de Venise,  Mantoue, Vicence où il rencontre l’architecte Andrea Palladio.

Maniérisme
Peu d’artistes peignaient comme Véronèse une multitude de personnages à la fois.
Il s’agit là de l’une de ses caractéristiques. Il a inventé un véritable genre figuratif,
celui des Cènes, et l’on comprend immédiatement que pour lui un tableau doit être un contenant dans lequel les gens vont et viennent, assistent, dialoguent entre eux, jusqu’à remplir la scène.
Le maître le dit lui-même lors de l’interrogatoire, souvent rappelé, que lui fait subir la Sainte Inquisition : « Je remplis l’espace, et c’est pour cette raison qu’il y a quelques personnages de trop ».

Dessin
Son dessin, ferme et noble, qui procède par de grands plans à la manière antique, le doux éclat de sa couleur argentine, la beauté et la grâce de ses têtes,  que lui seul a possédé à ce degré, de représenter sans sacrifice apparent et sans confusion de nombreuses figures enveloppées d’une atmosphère également lumineuse.
Papier bleu, le support pourrait passer pour un détail, il n’en est rien chez Véronèse, celui-ci utilise ce papier pour littéralement dessiner les effets de lumière au moyen surtout de pierre noire et gouache blanche.
Le fragment étudié devient une œuvre à part entière car l’artiste s’y montre d’une acuité plaisante quant à l’éclat des matières touchées par la lumière ; une simple Étude de draperie devient un modèle d’élégance par la noblesse du drapé sobrement froissé et les discrètes touches plus ou moins estompées selon la luminosité. 
Véronèse montre qu’il sait deviner l’usage de l’œuvre d’art chez sa clientèle privée sans jamais renier sa faculté à capter l’essentiel de l’âme.Toutes ces éminentes qualités font de Paul Véronèse un des plus rares génies dont la peinture puisse se glorifier.

Vert Veronèse
Un arséniate de cuivre.
Vert amande jaunâtre profond caractéristique de la peinture de Véronèse

Portrait de Veronèse/Etude Vierge à l’enfant/Miracle de Pantaléon/Enlèvement d’Europe
Source : Wikipedia/meuble peint/le Louvre
Library of congress print & photographes division.

Françoise Sagan

Sur ce sentiment inconnu, dont l’ennui
la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer
le nom, le beau nom grave de tristesse.

la Fort de Villefermoy

Te souviens-tu
de la Fort de Villefermoy?
du fer cheval et de ce grain de beaut
Pouss entre deux baisers

Le ciel de pques nous faisait
Les nuages doux
Pas de serment
Juste un moment,
Deux regards qui se touchent

Te souviens-tu
De ma bouche ou de ma voix ?
Pourquoi ce jour
Revient-il en rappel

Dj les jacinthes sauvages
Dja nos mains enfermes
Trop vite les fleurs ont pouss
Trop vite nos baisers accroch

Le poids d’hier c’est fait lger
Comme un brin de beaut
Un grain de folie
Au jour toujours pareil
Sur tes paupires un baiser

Mais pourquoi parler d’amour
de Venise ou de Paris
Il n’y a rien alentour
Que la chaleur de nos mains
qui ne se promettent rien

Te souviens-tu
de la Fort de Villefermoy
Du fer cheval et de ce grain de beaut
Pouss entre deux baisers

Depuis j’ai le vertige
Comment sont les arbres
Sur quelle rive nichent
Ce soir les cygnes d’hier

Je m’loigne grands pas
En silence, je crie
Pour que tout s’efface
Mais je tombe encore
Dans les rves d’autrefois

Et je m’allonge sur les feuilles
de la foret de Villefermoy
Pour la dernire fois

Lise Dest – 02/07/06