Klimt

klimt

En 1880, il crée un atelier de décoration avec son frère Ernst et un ami Frantz Matsch. Son habileté et la finesse de ses travaux sont rapidement reconnus et il se voit confier de nombreuses décoration de murs et de plafonds de villas, mais aussi de théâtres et édifices publics. C’est ainsi qu’il décore la salle de réunion du Palais Sturany à Vienne, puis une salle du Château Royal de Palesch en Roumanie, ainsi que la Villa Hermès de Lainz ou encore les escaliers du Burgtheatrer de Vienne.
L’évènement le plus important dans ces années là est l’achèvement de la décoration de l’escalier du Kunshistorisches Museum qu’il mène à bien, malgré le décés du maître d’oeuvre de ce travail conduit par le peintre Hans Mackart, lequel travail consolide encore sa réputation.
Ainsi jusqu’en 1890, Gustav Klimt aura eu un début de carrière fait d’une solide réputation de peintre décorateur répondant à des demandes officielles de peintures architecturales, mais sans réelle originalité, car éloignée au fond de lui de ses goûts personnels pour un art moderne dans lequel il a envie de s’exprimer totalement.

source : http://www.lemondedesarts.com

Est-ce ainsi que les hommes vivent

Louis Aragon, (interprétation de Léo Ferré)

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c’est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.
C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d’hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m’allonger près d’elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n’en est jamais revenu.
Il est d’autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t’en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Vos gestes me blessent

lise bichroimage-Lise dest par Lisedest

Vos gestes me blessent, vos mains me parcourent et s’emportent je vous sens m’envahir, et graver sur le bord de mes lèvres vos messages insolents, confidences omniprésentes.
Notre bal mortel a commencé…
L’indécence de votre désir : goutte à goutte lent et froid, rythme des aveux singuliers,
mes veines lâchent, vos espoirs me plaquent au murs, je sens mon corps s’effondrer sous la force de vos caresses.
Vous êtes glacé mon amour ! venez chauffer le bout de vos doigts, coussins de chat! je vous confie ma tiédeur, aussitôt votre petit cœur de caméléon se glisse comme un hussard au plus loin de ma chaleur, de mes couleurs.
Je vous attends, vous interroge, ce soir, ni verbe ni mot, croiser votre regard ardent et lumineux, étreindre la nuit qui portera votre voix. Vous êtes mon aube rare, mon jeu de miroir.
Vous espérez des cris, et des sursauts, ce soir, je vous offre mes plus grands silences, à vous mon plaisir muet.
Vous m’étoufferez pour me faire crier, la glace et le sel pour m’obliger à hurler, j’avalerai mon extase pour en inonder votre bouche et vos mains cette nuit n’aura qu’un cri: le votre; supplique magnifique! souffrance aiguë, incommensurable jouissance du plaisir annoncé, consommé, certitude déclarée fondue dans les nimbes de mon «absence». Votre rage, hôte de ma de jouissance, vacillera contre mes jambes que vous aimez si blanches, lianes sinueuses dans le terreau de votre corps.
Vos draps noirs, sont comme le sang qui me parcourt et me pare, l’orchidée sombre, s’attarde mi ouverte, demi éclose dans l’écueil de vos mains de centaure, vous aimez en froisser chaque pétale, vous assurer de mon obéissance, vous pourriez en presser l’infini breuvage maintenant, mais vous choisissez l’attente, vrai plaisir, ultime grâce des corps qui se sculptent l’un l’autre dans le manque.
Dans l’ombre : vos yeux, gouffres de fantasmes ! pillent chacun de mes délires …
Sous les grammes de mes soies votre souffle, me coupe de la nuit. Propulsé vers d’autres lumières, plurielles et cadencées, mon corps sans parole cherche un enchevêtrement définitif, une apnée magique.
Vous investissez mes reins comme le banc d’une église repos d’un ange avant l’attaque du guerrier!
Nous nous attendons, nous détachons, Rodin, Henner, Fromentin, nous guettent, les murs résonnent de l’improbable mélange des pastels, des sanguines, et de vos bras, passagers clandestins de mon corps nacré. Coquillage pour collectionneur d’algues et d’étoiles abandonnées, cadeaux d’un corps à cœur aux moissonneurs des grandes marées.
Qui connaît mieux qu’un pêcheur de hasard, la couleur des yeux des femmes coquillages ? couleur du néant, couleur de celles qui le regarde.
Le temps emprisonne les nuits d’amour, comme les larmes grenat de ceux qui préfèrent les ponts ou les rames glacées d’un quelconque métro…
Vos mains me touchent, vos mains me baignent et me douchent au milieu du plus désastreux vacarme organisé sur la planète, l’espoir de notre nuit se joue dans un écrin de douceur et de douleur, prenez moi dans vos bras c’est là que j’ai envie de voyager!
Votre peau sent le vent et l’orage, faites de la mienne, l’empreinte sombre de votre linceul, puisque mon amour nous partageons la même peur : la puanteur de la mort!
Plantés dans le corps l’un de l’autre, votre iris catalan, uni au de sang de ma vie qui fut bleu en son temps! se fige, vers l’obsédante image du dernier voyage, danse ultime, assaut final incontrôlable, le vent et le feu à en crever.
Vos mains se font plus rudes, violentes et fortes, m’arracher de votre corps me tuerait , je me laisse porter par votre peur et son étreinte, seul espoir d’une éternité contrainte.
Etendus, dans le silence d’une fusion insolite, vous me déchirez pour que le temps n’existe plus, pourquoi me rappeler à l’ordre ? votre désir m’inonde, la charge glacée de votre effort me propulse, à en perdre l’esprit, mon maître m’emporte vers la mort, loin dans le tourbillon de ses yeux de jais.
Souvenez-vous de “la tentation de St Antoine” de Gérôme Bosch,
envolons nous, loin de la vie sur le poisson géant de ce triptyque de perfection et d’hérésie.
La mort n’a plus d’odeur mon cœur, mon amour, ma douceur, vous aimez mon parfum depuis si longtemps, aujourd’hui voulez-vous vraiment en connaître le nom ?
Serrez-vous contre moi, et parcourons enfin sur notre animal ce monde qui nous exaspère.

lise dest /2004

Hooper

Hopper, Peintre américain, mort en 1967
Edward Hopper est le peintre de la réalité et de la mythologie américaines,
mais il est aussi le peintre de la solitude et de l’introspection.
hopperNigthtawks

H3Ground Swell

H5Gas 1940

Frederic Nietzsche

Et souvent il y a plus de bravoure
à se retenir et à passer :
pour se réserver pour un ennemi plus digne.

Ainsi parlait Zarathoustra

Ezra Pound

«… Même arraché de sa monture,
l’homme doit se détruire lui- même avant que les autres ne le détruisent…
Le diamant ne doit pas mourir sous l’avalanche »

Ezra Pound- Cantos Pisans

Elie Wiesel

La paix n’est pas un don de Dieu à ses créatures
C’est un don que nous nous faisons,
les uns aux autres

 Elie Wiesel

Prix Nobel en 1986

Droits de l’homme
Le monde s’est tu lors de l’holocauste.
«C’est pour cette raison que je me suis juré que jamais je ne garderai le silence
là où l’homme endure la souffrance et l’humiliation»
Trois jours après la libération du camp d’Auschwitz,
en se regardant pour la première fois dans un miroir :«De la profondeur du miroir, un corps me regardait.
Le regard de ses yeux, alors qu’ils me regardaient,
ne m’a plus jamais quitté
».
Né en Transylvanie (Roumanie),
Elie Wiesel est l’un des survivants des camps de concentration nazis.
En 1939, la Transylvanie devient une partie de la Hongrie et selon les ordres de l’Allemagne,
en 1944, les juifs hongrois sont envoyés dans des camps de concentration.
Lui et son père parviennent à survivre jusqu’en avril 1945,
date de la libération d’Auschwitz.
Pris en charge par l’«Oeuvre au secours aux enfants»,
en 1945,
il fait des études de philosophie à la Sorbonne.
Puis il gagne sa vie en faisant de nombreux petits travaux.
En 1958, grâce à François Mauriac, il publie l’ouvrage «La nuit»,
un récit poignant relatant l’holocauste.
En 1963, il obtient la nationalité américaine
et il devient titulaire de la chaire en sciences humaines de l’Université de Boston.
Rebelle contre l’indifférence, il déclare :
« Tant qu’un dissident est en prison, notre liberté ne sera pas vraie.
Tant qu’un enfant a faim, nos vies seront remplies d’angoisse et de honte
».
En 1988, il organise avec le président François Mitterrand une conférence regroupant
76 lauréats du Prix Nobel dont la mission est de réfléchir sur l’avenir de la planète. Tous les deux ans cette rencontre se renouvelle.

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