Un message magnifique de Lutin, qui me touche profondément


A l’intérieur cogne si fort l’intrus qu’il fait peur. Elle avait déjà entendu ce tic tac, l’inspiration longue et profonde soulevant lentement la cage thoracique arrivait à maîtriser le rythme. Comme un piano désaccordé après quelques réglages l’organe jouait juste. Debout à la fenêtre elle savait bercer son cœur au rythme des feuilles suspendues, elle retrouvait ainsi la maîtrise viscérale. Rassurée elle comptait les étoiles, un deux trois, elle pensait à la chauve souris tranchant l’air à la vitesse de l’éclair, un yoga de l’esprit pour un pouls dompté. Facile dites-vous, mais non il faut savoir se dédoubler, parler à l’autre qui est soi, il n’est pas toujours prêt à entendre que la chamade est pour l’amour seulement. Elle lui a souvent expliqué les degrés des émotions, et qu’il ne sert à rien de s’emballer, une palpitation trop forte disperse le plaisir. Qu’il est rassurant d’être maître de ses organes, preuve d’une bonne santé morale et physique. Boum boum mon amour je t’aime, je t’offre mes palpitations, Une tension amoureuse, 12.6, la plénitude du corps et de l’esprit, l’osmose de l’amour partagé.

A l’intérieur c’est la guerre et les bonnes théories si longtemps appliquées sont vaines. Bizarre elle n’entend presque rien, toc, toc, toc, coups marqués, rythmés et lents, un peu trop présents peut-être, seul le tensiomètre annonce un chiffre démesuré, 20.11, une tension insidieuse de souffrance viscérale, elle a perdu la plénitude du corps et de l’esprit dans les méandres de ses artères. Elle veut se dédoubler, parler à l’autre qui est soi, sourd il ne répond plus. Inspire en trois temps, bloque ta respiration, expire en six temps et recommence, fixe un point là bas très loin se dit-elle. Elle s’accroche aux étoiles, quand elle était enfant elle aimait se coucher dans le pré à la nuit tombée, elle contemplait le ciel constellé de points or et brillants. Les enfants des villes ne sauront jamais à quel point le ciel est chargé de vie. Tic tac fait l’intrus dans son corps sous ses côtes, elle croit le rajeunir cet organe désaccordé en remontant le temps. Elle n’entend plus rien à la fenêtre si ce n’est que le bruissement des feuilles dans les arbres, le vent lentement les berce et elle se laisse bercer comme l’enfant dans les bras de sa mère. Maman serre-moi fort dans tes bras, boum boum j’ai peur.

Lutin – 08-06-2007

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