Voyage

Dans le grand placard blanc et profond, celui ou la chatte aime à  dormir dans le mohair et la soie, j’y ai retrouvée un petit sac de cuir gris pas vraiment joli, ni tout à fait à la mode, mais c’etait le sac à  main de ma tante et marraine.

 Immédiatement  j’ai ai pensé  qu’il ferait merveilleusement l’affaire à  pour partir ce voyage.
J’ y glisserais un ou deux livres pour me nourrir, quelques gouttes de rosée fraîche  pour préparer un cocktail doux et savant qui me fera dormir de temps à  en temps.
Tot ce matin une coccinelle s’est proposée à être du voyage, elle posera ces ailes le soir sur mon oreiller pour faire venir les pensées es légères indispensables aux rêves et aux belles illusions.
Il y a aussi, un peu de poudre d’aube pour me farder les nuits de fêtes , deux écailles bleutées prêtées par une sirène amie, à fixer délicatement à  mes oreilles, afin d’apparaître  belle au bal du roi des chimères.
J’ai ai gardé un coquillage assez profond pour y déposer un soupçon de mon parfum tant aimé.
Je laisse le trèfle  à quatre feuilles, dans le jardin ou je l’ai aperçu il y a de ça un million d’années, c’est mieux de laisser la chance là ou elle pousse, et puis dans mon petit sac trop de bonheur ne pourrait tenir.
Un joli morceau de dentelle ivoire, pour y cacher une perle d’huître  trouvée un beau soir de juillet, un temps de tendresse dans mes jeunes années.
 Au fils du bijoutier je confie les aiguilles de ma montre, elles seront en sécurité ,  on ne sait jamais.
Avec du papier de soie et les cheveux d’une reine, j’ai tressé une petite cordelette à passer au cou de ma princesse. j’y laisserais pendre un talisman argent de toute beauté , un ange rapporté  d’Italie.
Soigneusement pliée une paire de gants de velours couleur d’ecume semblable à celle des soirs de fin d ‘été.

Si la place vient à manquer, je laisserais pendre à  mon cou les clefs des rues de Paris.
Il y a une très petite poche dans ce sac de voyage, j’y cacherais mes secrets avant de refermer la glissière.

 

voilà , il est temps de prendre la route, chapeau et manteau noirs, bottines empruntées es à la nièce ce du chat botté ! Viens ma douce marchons comme deux princesses, attrapons vite le prochain nuage, le vent n’attend pas.

Lise de Saint Thibault – Lise Dest –

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